
Cabine téléphonique immergée © Banksy 2006
Banksy
270 œuvres
La plupart des gens ne pensent pas aux sculptures lorsqu'ils évoquent les œuvres de Banksy. Submerged Phone Booth, cependant, illustre la capacité de l'artiste à élaborer un récit profond sur l'évolution du paysage culturel britannique, quel que soit le médium. Créée en 2006, cette installation en techniques mixtes saisit la cabine téléphonique emblématique britannique dans un état d'émergence, ou peut-être de submersion, selon la perspective. C'est une métaphore visuelle de la communication interrompue, des histoires enfouies et de la marche inexorable du progrès. Submerged Phone Booth est très éloquent en matière de commentaire politique et social, enveloppé dans une imagerie simple empreinte de la dualité entre l'humour noir et l'espièglerie.
Banksy exploite continuellement son art pour souligner des thèmes souvent marginalisés dans le discours public. Ses installations sont une extension naturelle de son graffiti, abandonnant l'appellation de vandalisme pour celle d'une expression urbaine plus socialement acceptable, tout en conservant des sentiments anti-guerre, anticapitalistes et anti-establishment. Balise de communication, la cabine téléphonique britannique emblématique ponctuait autrefois les rues de Londres, incarnant la connectivité instantanée à une époque bien antérieure à l'ère numérique. Avec l'avènement des téléphones portables, ces monuments pourpres se sont raréfiés, laissant derrière eux un vide culturel. Désormais, elles sont souvent des symboles délabrés des inconvénients du progrès technologique. À travers Submerged Phone Booth, Banksy déplore la disparition de ces piliers culturels, souvent référencés dans la culture populaire, de Superman à The Beatles, soulignant ainsi la place bien ancrée de la cabine dans l'art et la société.
L'année 2006 a marqué un tournant culturel, illustré par le fait que la désignation « Personnalité de l'année » du magazine Time revenait au collectif « vous » (« you »), symbolisant la démocratisation de l'information et l'essor de la voix anonyme. L'œuvre de Banksy de la même année propose un contrepoint, protestant contre la perte d'individualité dans un monde qui dérive vers l'anonymat – même si lui-même continue de dissimuler son identité. C'est une revendication audacieuse de l'identité nationale publique à l'ère des avatars de plus en plus numériques et des empreintes en ligne éphémères. Dans cette œuvre, l'artiste réaffecte le rôle utilitaire de l'objet, le transformant en un réceptacle porteur de significations superposées et d'un commentaire percutant. La visibilité partielle de la cabine émergeant d'un trottoir fracturé évoque une dynamique de bouleversement ; le contraste de la teinte vibrante de la cabine sur le béton terne intensifie davantage son message, tandis que l'échelle en amplifie l'impact, captant l'attention. Dramatique et provocateur, Submerged Phone Booth témoigne de la capacité de Banksy à susciter la réflexion, à déclencher le dialogue et à captiver l'imagination. C'est une œuvre qui renvoie un miroir aux complexités de la vie moderne par l'utilisation de symboles, exhortant à la redécouverte de voix autrefois claires et présentes mais qui s'estompent désormais dans le bruit de fond de la nouvelle ère. Submerged Phone Booth ne fait pas que représenter l'obsolescence des anciens modes de communication ; il les récupère et les élève, affirmant une nouvelle pertinence.
« Submerged Phone Booth est un exemple saisissant de la capacité de Banksy à interagir avec les symboles culturels britanniques de manière profonde et stimulante. »

Présentée pour la première fois lors de l'exposition emblématique de Banksy, Barely Legal à Los Angeles, cette œuvre a contribué à ce que l'on a appelé « l'effet Banksy », au moment où l'artiste commençait à percer sur la scène de l'art contemporain grand public. Barely Legal s'est tenue un week-end de septembre 2006 dans un entrepôt anonyme de Los Angeles, marquant un moment important dans le développement du street art contemporain. Décrite comme une « extravagance d'entrepôt vandalisé », elle était enveloppée dans le secret caractéristique de l'artiste et un clin d'œil satirique aux limites de la légalité. L'exposition comprenait des animaux vivants, ses peintures notoires et des installations provocatrices qui continuaient de remettre en question les normes sociétales. C'est là que la Submerged Phone Booth a été exposée, aux côtés d'autres œuvres qui ont suscité un dialogue sur la légalité, l'éthique et le positionnement du street art dans le discours historique de l'art en général. Barely Legal a attiré une foule immense, consolidant davantage l'influence de Banksy dans la culture populaire et stimulant considérablement l'intérêt du public pour le street art.
Depuis lors, dans son style bien à lui, Banksy a redéfini des motifs britanniques emblématiques, s'imposant comme une figure centrale du monde de l'art. L'œuvre de l'artiste incarne constamment un esprit révolutionnaire, remettant en question les perceptions et suscitant la controverse. Les installations de Banksy agissent souvent comme des catalyseurs de cynisme et de critique, leur richesse métaphorique intrinsèque incitant les spectateurs à interroger les constructions de leur réalité. La Submerged Phone Booth constitue une pièce essentielle du portfolio de Banksy, articulant avec éloquence la tension entre passé et présent, silence et bruit, anonymat et identité – tous des thèmes qui allaient définir son travail. Il s'agit d'un commentaire protéiforme sur l'évolution de la communication et de l'engagement sociétal, et à travers cette œuvre, Banksy critique la nature éphémère de la communication moderne et immortalise une icône du patrimoine britannique, s'assurant que son héritage refasse surface dans la mémoire collective d'un monde en rapide évolution.
Barely Legal : Une extravagance de trois jours dans un entrepôt vandalisé, Los Angeles - 15 - 17 septembre 2006
With You I Want to Live : La collection de Gordon Lockley et du Dr George T. Shea, Museum of Art, Fort Lauderdale, Floride - 23 mars 2009 - 22 mars 2010
Museum of Art Fort Lauderdale, Floride - 23 mars 2010 - 3 août 2012