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90 x 122cm, Édition de 250, Screenprint

Dans le cadre de la série Electric Chair d'Andy Warhol (1971), l'estampe Electric Chair (F. & S. II. 81) présente l'image d'une chaise électrique vide, reprise d'un article de presse concernant les exécutions très médiatisées de Julius et Ethel Rosenberg. Warhol réalise une sérigraphie de la photographie, conservant une grande partie de sa qualité granuleuse d'origine. Il est toutefois notable que l'artiste a recouvert l'image photographique de larges coups de pinceau gestuels, faisant ainsi référence au mouvement expressionniste abstrait dans lequel il s'est formé. En s'appropriant une image issue des médias de masse pour créer cette estampe, Warhol se moque délibérément du style expressionniste abstrait et contredit les idées du mouvement sur l'originalité et la paternité de l'œuvre.
Cette estampe s'éloigne nettement du tableau original Electric Chair, qui faisait partie de la série Death and Disaster de 1964. Des couleurs vives rendues par de larges coups de pinceau expressifs créent une juxtaposition spectaculaire avec l'image grave et vide qui se trouve en dessous. Warhol suggère une dimension politique dans cette estampe en utilisant des couleurs éclatantes difficiles à ignorer, déstabilisant ainsi le spectateur et le forçant à affronter de front cette image obsédante de la mort.
Warhol souligne que ces images sont trop souvent ignorées dans les journaux. Ici, il transforme donc la photographie médiatique en une œuvre d'art destinée à être examinée avec attention dans le cadre de la galerie. La texture granuleuse, représentative, juxtaposée aux touches de couleur abstraites produit un contour fantomatique et un effet visuel pulsatile, ramenant les spectateurs au moment de l'électrocution.