
Signed Print
Harland Miller
61 x 48cm, Édition de 50, Screenprint, 2011
£23,000-£35,000
$45,000-$70,000 Indicateur de valeur de marché
$45,000-$70,000 Indicateur de valeur de marché
¥200,000-¥310,000 Indicateur de valeur de marché
€27,000-€40,000 Indicateur de valeur de marché
$240,000-$360,000 Indicateur de valeur de marché
¥4,800,000-¥7,310,000 Indicateur de valeur de marché
$30,000-$45,000 Indicateur de valeur de marché
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Fuck Art, Let’s Dance appartient à la série d'œuvres emblématiques de l'artiste Harland Miller inspirée par les couvertures de livres Penguin. Le titre sardonique de cette œuvre, qui fut exposée en diptyque aux côtés de son pendant humoristique Fuck Dancing, Let’s Fuck, est caractéristique de la pratique artistique de Miller, qui place l'humour noir et audacieux au cœur de son travail. Ancrée dans ses racines du Nord et imprégnée de l'héritage britannique, l'œuvre de Miller célèbre simultanément une part chérie de l'identité esthétique nationale de son pays, tout en forgeant une interprétation nouvelle de cette esthétique, la propulsant directement dans la culture contemporaine par une réimagination dans un contexte inédit, portée par un texte audacieux et incisif. Si le texte prime, la couleur dégoulinante et les touches picturales confèrent à ces œuvres l'aspect d'un livre de poche vieilli, imprégné d'une vigueur artistique renouvelée.
Le langage offensif, tel qu’il apparaît ici dans cette œuvre, est paradigmatique de la pratique artistique de Miller. Son père ne tolérant pas les jurons, ces derniers conservent encore aujourd'hui leur capacité à choquer le public ; Miller explique : « les gens lisent avant même de pouvoir s’en empêcher. » « Fuck Art, Let’s Dance » est également autoréférentielle, constituant en soi un paradoxe entre objet et texte.
Miller accorde une importance capitale au texte dans ses œuvres ; il a d’ailleurs d’abord acquis une large reconnaissance critique en tant qu’écrivain plutôt qu’en tant qu’artiste, avec son premier roman, « Slow down Arthur, Stick to Thirty », publié en 2000. Puis, en 2001, fusionnant ses intérêts pour l’image et l’écrit, Miller a commencé à créer une série d’œuvres basées sur les couvertures de livres Penguin qu’il chinions dans des friperies durant ses années parisiennes, mais qui lui rappelaient également son enfance dans le nord de l’Angleterre. Incapable de comprendre les titres en français, il a commencé à inventer ses propres titres. Il explique : « on peut vraiment dire ce que l’on veut sur le panneau central, car les gens sont déjà habitués à la forme du livre Penguin ; ainsi, le texte prenait plus de poids que la peinture. » Miller a ainsi su concilier son amour de la littérature classique et la peinture. « Fuck Art, Let’s Dance » est un exemple typique de cet ensemble d’œuvres, qui combine peinture figurative, éléments de culture populaire et imagerie littéraire. La couverture délavée, les bords déchirés et les pages tachées et maculées évoquent avec nostalgie toute une vie d’usage et d’attachement, faisant visuellement référence à notre relation intime et durable avec le texte et le langage — un lien viscéral et physique entre l’individu et la page qui se transmet de génération en génération. Le peintre américain Ed Ruscha est une influence manifeste pour Miller, mariant texte et image dans une juxtaposition radicale, utilisant slogans et phrases pour compléter ses peintures. Mark Rothko est également une source d’inspiration reconnue pour l’artiste britannique, dont le travail démontre l’utilisation de bandes de couleur telles que le jaune et le blanc observés dans « Fuck Art, Let’s Dance ».