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Harland Miller
80 x 65cm, Édition de 50, Screenprint, 2015
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There’s No Business Like No Business appartient à l'une des séries d'œuvres les plus emblématiques de Harland Miller, inspirée par les couvertures de livres Penguin. Exposée dans les bureaux de Penguin à New York, elle est décrite par la maison d'édition comme une « célébration de ce mariage unique entre art et littérature ».
Fidèle à son esprit sarcastique habituel, le texte apposé sur le devant de cette œuvre joue sur la célèbre maxime « there’s no business like show business ». La série Penguin Plays, en particulier, s’inscrit dans l’entreprise éditoriale de Penguin, qui propose des éditions accessibles et transportables de pièces de théâtre classiques, ce qui éclaire l’association conceptuelle que Miller établit avec le monde du spectacle.
Le titre There’s No Business Like No Business est provocateur et poignant, subversif sur le plan sociopolitique, tout en faisant référence à une expression phare de la culture populaire qui éveille un sentiment de familiarité lointaine. Lorsqu’on lui demande d’où proviennent les titres de ses livres, Miller répond : « de nulle part en particulier. Partout, n’importe où. » Il préfère que le public s’approprie personnellement ces phrases et en tire ses propres interprétations plutôt que de leur imposer sa propre signification. La couverture délavée, les bords déchirés et les pages tachées et maculées rappellent avec nostalgie toute une histoire d’amour et d’usage, évoquant visuellement notre relation intime et durable avec le texte et le langage. Le style crée une connexion viscérale et physique entre la personne et la page papier, héritée au fil des générations.
Le texte prime dans ses œuvres Penguin, comme l’explique Miller : « les gens lisent avant même de pouvoir s’en empêcher. » Il poursuit : « on peut vraiment dire tout ce qu’on veut dans le panneau central, car les gens sont déjà habitués à la forme du livre Penguin ; ainsi, le texte a plus de poids que la peinture. » Quant à son amour pour le texte, Miller a lui-même acquis une reconnaissance critique généralisée en tant qu’écrivain avec son premier roman, Slow down Arthur, Stick to Thirty, publié en 2000. Puis, en 2001, fusionnant ses intérêts pour l’image et le texte, Miller a commencé à créer une série d’œuvres basées sur les couvertures de livres Penguin qu’il dénichait dans des friperies durant son séjour à Paris. Incapable de comprendre les titres en français, il a commencé à inventer les siens. Miller a ainsi pu intégrer son amour de la littérature classique à la peinture. There’s No Business Like No Business est un exemple archétypal de cet ensemble d’œuvres, qui combine peinture figurative, éléments de culture populaire et imagerie littéraire. Avec des coups de pinceau picturaux et des couleurs dégoulinantes obscurcissant partiellement le texte, l’effet est celui d’un livre de poche vieillissant, imprégné d’une vigueur artistique et d’une présence indéniable de la main de l’artiste.
Les œuvres Penguin de Miller sont devenues particulièrement prisées des collectionneurs. À l’instar des livres de poche eux-mêmes, très recherchés dans les années 1930 et 1940, les œuvres de Miller ont acquis aujourd’hui une valeur de collection tout aussi importante. Elles occupent une place notable sur le marché de l’art contemporain, l’artiste imposant son nom au sein de la trajectoire d’artistes britanniques majeurs et couronnés de succès.