
Chocolate Buddha 2 © Keith Haring 1989
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Keith Haring ?

Keith Haring
249 œuvres
La série Chocolate Buddha de Keith Haring confronte le spectateur avec des motifs complexes, des créatures et des objets entrelacés. Dans son portfolio de 1989, Haring approfondit son questionnement sur les problèmes du capitalisme et des médias de masse.
Chocolate Buddha 1 © Keith Haring 1989La série Retrospect pousse encore plus loin ses caractéristiques et ses tendances avec la série Chocolate Buddha. Dans les cinq estampes qui composent cette série, l'image de la figure humaine est à peine discernable. La forme humaine individuelle se dissout au milieu du tourbillon de lignes denses et accumulées, évoquant les effets omniprésents du capitalisme et des médias de masse sur l'identité de l'homme moderne.
Chocolate Buddha 3 © Keith Haring 1989La signature de Haring, cet usage d'un trait épais et plein, est mise en évidence dans « Chocolate Buddha », capturant la capacité de l'artiste à transmettre des messages complexes avec des moyens austères. Les figures et les formes schématiquement esquissées sont interconnectées dans chacune des cinq estampes. Le trait de Haring évite de créer des frontières nettes entre les différentes figures. En conséquence, les contours des formes et des figures semblent fusionner les uns dans les autres, soit en s'unissant, soit en s'emprisonnant mutuellement.
Chocolate Buddha 4 © Keith Haring 1989Comme le titre de la série le suggère, le personnage ambigu qui sollicite l'attention du spectateur n'est pas vraiment une figure d'autorité religieuse. Plutôt que Bouddha, Haring dépeint un substitut désacralisé de l'enseignant et du penseur spirituel. En décrivant spécifiquement la figure comme le "Chocolate Buddha", Haring la positionne comme une sorte de marchandise, suggérant que le capitalisme efface la frontière entre l'art et les objets de consommation.
Apocalypse 5 © Keith Haring 1988À l'instar de nombreux autres artistes du Pop Art de son époque, dont Andy Warhol, Gilbert & George ou James Rosenquist, Haring s'est vivement intéressé à l'imagerie produite en masse de la culture populaire. La série Chocolate Buddha est animée par un sentiment de paradoxe né de l'observation du monde de la culture de masse et de la publicité. Cette série remet en question l'idée d'originalité en ayant recours à un motif simple, des couleurs vives et des techniques qui atténuent les traces de la main de l'artiste.
Chocolate Buddha 5 © Keith Haring 1989De nombreux dessins de Haring représentent des figures humaines simplifiées saisies en plein mouvement. Ces figures semblent plongées dans l'extase de la danse, ce qui constitue l'hommage de Haring aux énergies créatives des années 1970 et 1980, notamment à la musique hip-hop. Le chaos des lignes entrelacées dans les estampes intitulées Chocolate Buddha évoque un sentiment de mouvement, de danse et d'énergie qui définit le cadre urbain où le graffiti et la musique hip-hop se sont épanouis.
Radiant Baby © Keith Haring 1990Bien qu'il puisse sembler que la fonction des formes entrelacées dans la série soit simplement de confronter le spectateur à l'excès et au chaos, un examen plus attentif révèle que beaucoup d'entre elles présentent une affinité visuelle avec le « motif du sperme démoniaque » (devil sperm motif). Vers la fin de sa vie et de sa carrière, les références au sexe et au VIH/sida ont dominé les œuvres de Haring, reflétant son processus d'acceptation de la crise du sida et de son propre diagnostic en 1988. En tant que motif chargé des thèmes de la sexualité et de la mort, le Chocolate Buddha se dresse en opposition marquée avec la figure insouciante du Radiant Baby.
Pop Shop VI, Plate III © Keith Haring 1989L'utilisation par Haring d'un trait simple et plein définit à la fois ses premières Subway Drawings et cette série tardive. Après avoir quitté Pittsburgh pour New York en 1978, Haring a réalisé que la ville lui offrait l'opportunité d'élargir sa pratique artistique. En conséquence, il s'est tourné vers les espaces urbains et a commencé à exécuter ses dessins à la craie sur les espaces publicitaires noirs des stations de métro. À l'instar des estampes Chocolate Buddha, ses dessins présentaient des motifs constitués de lignes simples, immédiatement saisissants et faciles à retenir.
La Chaise © Jean Dubuffet 1964 © Sotheby'sL’accumulation de lignes fluides et épaisses dans chaque estampe de la série rappelle l’œuvre de Jean Dubuffet. Haring disait à propos du père fondateur de l’Art Brut : « J’ai été frappé par la ressemblance entre les images de Dubuffet et les miennes, car je créais ces petites formes abstraites et interconnectées. J’ai donc étudié le reste de son travail. » L’influence de l’artiste français sur la génération de Haring a été profonde et se retrouve également dans les œuvres de Jean-Michel Basquiat, un ami proche de Haring.
International Volunteer Day © Keith Haring 1988Haring a réalisé cette série par le biais de la lithographie, un procédé d'impression qui utilise la pierre ou le métal pour appliquer une encre qui repousse ensuite le pigment sur le papier. Datant du XVIIIe siècle, ce procédé d'impression permet de produire des détails exceptionnellement minutieux sur un grand nombre de multiples. Cette série marque l'abandon par Haring de la sérigraphie, plus commerciale, qui avait caractérisé ses premières œuvres.
Chocolate Buddha 2 © Keith Haring 1989Chacune des cinq estampes composant la série Chocolate Buddha associe une imagerie simpliste, façon dessin animé, à l'énergie débridée d'un gribouillis d'enfant. Le langage visuel reconnaissable de Haring remet en question les distinctions conventionnelles entre la haute et la basse culture. Évoquant l'héritage de Jean Dubuffet, la présence de gribouillis tourbillonnants et de formes sinueuses dans cette série suggère que la créativité peut s'épanouir à travers diverses pratiques artistiques, au-delà des institutions et des structures traditionnelles de l'art.