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Valeur de Mario Schifano : prix d'adjudication records en vente aux enchères

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Mario Schifano

Mario Schifano

3 œuvres

Points clés

Le marché des enchères de Mario Schifano affiche une nette préférence pour ses œuvres du début des années 1960, tout particulièrement celles réalisées entre 1960 et 1962 ; son record actuel de 1,9 million de livres sterling a été établi en 2022 pour Tempo moderno (1962). Sa série révolutionnaire des « Monocromi », suivie de ses explorations de l'iconographie publicitaire, domine ses prix les plus élevés, témoignant de l'intérêt des collectionneurs pour son rôle fondamental dans le Pop Art italien. Le marché de Schifano démontre une demande constante, tant au sein des maisons de ventes italiennes qu'internationales, avec une valorisation notable des œuvres caractérisées par son usage distinctif de l'émail sur papier marouflé sur toile, intégrant souvent des matériaux industriels qui remettaient en question les conventions artistiques traditionnelles.

Souvent qualifié d'« Andy Warhol italien », Mario Schifano (1934-1998) a transformé l'histoire de l'art en Italie durant le boom économique de l'après-guerre. Né en Libye puis installé à Rome après la Seconde Guerre mondiale, cet artiste largement autodidacte a débuté sa carrière comme restaurateur au musée étrusque de Rome. Sa percée artistique survient en 1960 avec sa série « Monocromi », composée de vastes toiles aux couleurs vives, réalisées à l'émail industriel sur des supports non conventionnels. Alors que Rome entrait dans sa période « dolce vita » marquée par une consommation ostentatoire, Mario Schifano a intégré des images publicitaires et des logos à son travail, devenant ainsi une figure de proue du Pop Art italien. Ses techniques novatrices, tant en peinture que dans le domaine de l'estampe, ainsi que la portée de son commentaire culturel, ont ancré son héritage en tant qu'artiste contemporain italien fondamental.

£1.6M for Tempo Moderno

(€1,900,000)

A painting with two vertical, large, white rectangular forms with soft corners outlined in vivid red, set against a textured white background, with visible drips and textured brushwork. The forms meet in the centre of the canvas, the left taking up the entire left half and the right taking up just over half of the right side.
Tempo Moderno © Mario Schifano 1962

« Tempo Moderno » (1962) a établi le record actuel en salle des ventes pour Mario Schifano lors d’une vente chez Sotheby’s Paris en octobre 2022, dépassant largement son estimation haute de 1,2 million d’euros. Cette œuvre à l’émail illustre le style de Schifano au début des années 1960, avec sa composition saisissante de deux grands rectangles rouges divisant un fond blanc texturé, marqué par des coulures. Le titre de l’œuvre, « Temps moderne », fait référence à la modernisation rapide et aux mutations culturelles de l’Italie du début des années 1960, alors que le pays s’ouvrait à la société de consommation. La composition géométrique et audacieuse dialogue avec l’esthétique publicitaire de l’époque, bien que le travail visible du pinceau et les épaisses coulures de peinture de Schifano apportent des imperfections humanisantes. L’œuvre se situe ainsi à l’intersection de l’abstraction et du Pop Art, une position que Schifano a occupée durant une grande partie de sa carrière. Sa provenance inclut le prestigieux Studio Marconi de Milan, une galerie qui a joué un rôle essentiel dans la promotion de l’art contemporain italien au cours des années 1960 et 1970.

£914,619 for « La Stanza Dei Disegni »

(€1,050,000)

A geometric composition divided into four sections: white, black, and red vertical thirds, with a thick, horizontal gold strip across the bottom, each painted with visible enamel drips, rough, expressive edges, and a fine inner outline in gold.
La Stanza Dei Disegni © Mario Schifano 1962

« La Stanza Dei Disegni » (1962) a été adjugée chez Christie's Paris en octobre 2022. Créée en 1962, cette composition à grille géométrique déploie une palette chromatique vibrante composée de peinture émail noire, rouge et blanche appliquée sur papier, marouflé ensuite sur toile. Elle témoigne de l'intérêt de Schifano pour l'esthétique de la publicité commerciale, omniprésente dans la Rome du début des années 1960, tout en alliant abstraction géométrique et éléments rappelant la peinture color field. Le titre suggère un espace dédié à la création artistique, faisant peut-être référence à l'atelier de Schifano durant cette période prolifique. La provenance impressionnante de cette œuvre inclut le Studio Marconi à Milan, la Galleria La Bertesca à Gênes et la Galleria Rondanini à Rome, autant d'institutions majeures dans la promotion de l'art italien contemporain. Le résultat de vente exceptionnel, combiné à la vente record de « Tempo Moderno » (1962) le même mois, confirme l'attrait particulièrement fort du marché pour les œuvres du début des années 1960 de Schifano, notamment celles qui mettent en lumière son approche singulière de la couleur, de la composition et des matériaux.

£714,247 for Cartello

(€850,000)

A stark, minimalist painting featuring a nearly all-black surface with a subtle, central vertical seam, evoking the look of a blank billboard. The letter A is printed in white in the centre of the left side, and the letter B on the right.
Cartello © Mario Schifano 1960

Cartello (1960), dont le titre se traduit par « Panneau publicitaire », a atteint ce résultat lors d'une vente aux enchères en ligne chez Sotheby's en Italie, en novembre 2021. Cette grande peinture à l'émail marque un point de transition essentiel entre la série initiale des Monocromi de Schifano et son engagement ultérieur envers l'imagerie publicitaire. L'œuvre présente un champ à dominante noire qui évoque le vide d'un panneau inutilisé ; un commentaire sur la présence croissante de l'imagerie commerciale dans le paysage urbain de l'Italie d'après-guerre. Le titre de la peinture fait directement référence aux structures publicitaires qui remodelaient la société italienne des années 1960, tant sur le plan visuel que social. L'intérêt de Schifano pour ces espaces commerciaux a précédé ses appropriations plus explicites de logos d'entreprise tels que Coca-Cola et Esso, positionnant Cartello (1960) comme un pont conceptuel entre l'abstraction et le Pop Art.

£700,000 for « Grande Particolare »

A large, beige-brown canvas painted with rough white brushstrokes that cover most of the surface apart from a section along the base. Lines have been carved into the white paint, suggesting a rocky hillside and the layers of earth underneath. The uppermost area is labelled “CIELO” in simple capital letters, then the section below is labelled “ALBERI,” then “TERRA,” and then “GRANDE PARTICOLARE” on the exposed brown canvas section.
Grande Particolare © Mario Schifano 1963

L'œuvre au titre paradoxal « Grande Particolare » (1963) a atteint près de 150 % de son estimation haute lors de la vente Christie's London en mars 2022. Le titre du tableau suggère qu'il pourrait s'agir d'un agrandissement d'une scène ou d'un concept plus large, reflétant l'intérêt de Schifano pour la fragmentation et la recontextualisation de l'information visuelle. Sur la surface, on peut distinguer les mots « Cielo » pour désigner le ciel, « Alberi » pour indiquer l'emplacement potentiel d'un paysage verdoyant, « Terra » pour marquer le sol, et « Grande Particolare » pour souligner l'étendue non peinte située en dessous. L'œuvre constitue ainsi une sorte de cartographie. Son format imposant, composé de deux toiles assemblées pour former un carré de 2 mètres sur 2, renforce le caractère unique de la pièce et son attrait auprès des collectionneurs. Bien qu'exposée dans diverses institutions, telles que le Yurakucho Art Forum à Tokyo, l'œuvre est restée dans une seule et même collection privée depuis sa vente initiale à la Galleria Odyssia de Rome en 1963.

£689,266 for Avec âme

(€800,000)

A pale blue background with gestural, sketchy lines denoting leafless, wintry trees, creating a sense of airy, cold landscape. A section of the lower canvas is left white, as if representing snow-covered ground.
Con Anima © Mario Schifano 1965

Con Anima (1965) (signifiant « avec âme ») a atteint 30 % au-dessus de son estimation haute lors d'une vente chez Sotheby's Milan en avril 2019. Cet ensemble de deux toiles, mesurant 2,2 mètres de haut, témoigne du léger changement de style de Schifano au milieu des années 1960, période durant laquelle il a commencé à intégrer des éléments paysagers plus explicites et des traces gestuelles dans ses compositions aux couleurs restreintes. Le titre « Con Anima » - un terme musical indiquant aux interprètes de jouer « avec sentiment » - fait allusion à l'intérêt de Schifano pour la création d'une résonance émotionnelle à travers ses œuvres. Créée à une époque où Schifano s'intéressait de plus en plus au rapport entre peinture et photographie, cette pièce a probablement été réalisée en partie par la projection de photographies sur la toile, une préoccupation et une technique qui allaient occuper une grande partie de sa carrière ultérieure.

£681,368 for Milan

(€820,000)

A deep blue, nearly square field bordered by a thin, raw canvas edge, with subtle surface variations and a meditative, monochrome effect.
Milano © Mario Schifano 1962

Milano (1962) a été adjugée chez Sotheby's Milan en avril 2022, confirmant la solide performance des œuvres du début des années 1960 de Schifano. Créée en 1962, cette saisissante peinture monochrome bleue incarne à la fois une référence géographique précise à la capitale industrielle de l'Italie — où elle a fini par intégrer le top 10 des ventes de l'artiste — et l'approche hypercontextuelle de la couleur propre à Schifano. La référence à Milan découle de son statut de moteur économique de l'Italie durant le boom industriel de l'après-guerre. Milan représentait la modernité, le commerce et le progrès industriel ; des thèmes qui fascinaient Schifano à cette période. Le format presque carré et l'usage de matériaux « productifs » tels que le papier d'emballage et l'émail confèrent à l'œuvre une présence physique, mesurée et méditative, renforçant son engagement conceptuel envers l'espace urbain et la production industrielle.

£672,034 for 7 août 1961

(€780,000)

A grid of cream-coloured squares with a green band across the top, each square showing slight tonal variations and a hand-made, tactile quality.
7 Agosto 1961 © Mario Schifano 1961

Un autre résultat notable lors d'une vente aux enchères chez Sotheby's Milan : « 7 Agosto 1961 » (1961) a été adjugée en avril 2019. L'œuvre a été réalisée à la date indiquée dans son titre, ce qui offre un rare manque de contexte pour le travail de Schifano. Son effet est davantage empreint d'une dimension intime, faisant référence à un événement personnel ou documentant simplement son évolution quotidienne. À l'époque, Schifano s'éloignait de sa première série des « Monocromi » pour se diriger vers des compositions plus complexes intégrant des éléments textuels et symboliques. Le mois d'août 1961 a été marqué par plusieurs développements historiques importants qui auraient pu être significatifs pour Schifano, notamment la construction du mur de Berlin. Schifano gagnait rapidement en reconnaissance internationale et, l'année suivante, il figurait dans l'exposition fondatrice « New Realists » à la Sidney Janis Gallery de New York en 1962, aux côtés d'artistes tels que Christo et Roy Lichtenstein. Avant sa vente en 2019, l'œuvre est demeurée dans des collections privées à Rome, n'ayant été exposée qu'à deux reprises à la Fondazione Marconi, entre 1960 et 1964, puis en 2005.

£522,751 for Grande Verde

(€600,000)

A square canvas painted in a rich, glossy green, with visible brushstrokes and an uneven, organic surface texture.
Grande Verde © Mario Schifano 1960

« Grande Verde » (1960) a été adjugée chez Christie's Paris en octobre 2023, représentant l'une des œuvres précoces les plus historiquement significatives de Schifano. Créé en 1960, ce monochrome de grand format, mesurant 1,5 mètre carré, est un exemple fondamental de sa série novatrice « Monocromi », qui a établi sa réputation sur la scène artistique italienne. L'œuvre se compose de trente-cinq feuilles de papier distinctes, marquées par de subtiles ondulations et plis formés par leur collage sur toile, recouvertes d'émail vert brillant appliqué par des traits volontaires et aléatoires. Les clous apparents sur la bordure non peinte et les coulures de peinture verte visibles sur le bord inférieur révèlent l'approche très tactile de Schifano vis-à-vis de la matérialité de la peinture elle-même ; une approche qui distinguait son travail tant de l'expressionnisme émotionnel de l'Arte Informale que de la rigueur conceptuelle de ses contemporains minimalistes. La pièce a été présentée au Salone delle Scuderie de la Pilotta, à Parme, en 1974, lors de ce qui demeure la rétrospective la plus importante de la carrière de Schifano.

£493,986 for Oxygène Oxygène

(€550,000)

A black-and-white image of a small group of trees with dense branches, on a pale background, overlaid with a subtle 3 by 3 grid, the lower-right corner of which is a translucent lime green.
Ossigeno Ossigeno © Mario Schifano 1965

Ossigeno Ossigeno (1965) (signifiant « Oxygène Oxygène ») a dépassé de 200 000 euros son estimation haute lors d'une vente aux enchères en ligne chez Sotheby's Italie en novembre 2020. Cette œuvre, recouverte de perspex, conjugue l'exploration par Schifano de la puissance des aplats de couleur, son intérêt pour les thématiques environnementales et son évolution artistique vers des références davantage photographiques. Elle appartient à ce que l'artiste nommait ses Paesaggio Anemico (« Paysage anémique »), une série d'œuvres intégrant des plaques transparentes et quadrillées de perspex et de plexiglas boulonnées sur la toile. Ces œuvres, qui incluaient fréquemment des éléments en plexiglas transparent, constituaient la réponse singulière de Schifano à la peinture de paysage traditionnelle, réinterprétant les scènes naturelles à travers le prisme des matériaux modernes et de la reproduction mécanique.

£490,694 for « Le rêve de Cléopâtre »

(£740,000)

A cream-coloured canvas featuring a single, thick red rectangular outline with rounded corners near the centre, but favouring the left side.
Cleopatra's Dream © Mario Schifano 1960-61

Le dernier résultat de cette liste a été atteint par « Cleopatra's Dream » (1960-61) chez Christie’s New York en novembre 2015 ; cette vente a maintenu le record de Schifano jusqu’en avril 2019, date à laquelle « 7 Agosto 1961 » (1961) et « Con Anima » (1965) l’ont dépassé lors de la même vacation chez Sotheby’s Milan. Cette œuvre nous ramène aux premières expérimentations de Schifano autour de l’abstraction géométrique et du Color Field painting. Le titre évocateur fait référence à l’histoire de l’Égypte antique, suggérant les thèmes du luxe, du pouvoir et de l’attrait exotique associés à Cléopâtre. C’est durant la période la plus formellement épurée de Schifano, au moment où il s’inscrivait à la fois dans le Minimalisme et l’Expressionnisme abstrait, qu’il a exploré les exemples les plus vastes du symbolisme culturel. Sa vente en 2015 a ouvert la voie à la décennie prolifique qui a suivi, marquée par des records de Schifano sans cesse battus, établis, puis de nouveau dépassés.

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