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Valeur de Max Ernst : les prix d'adjudication les plus élevés enregistrés en vente aux enchères

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Max Ernst

Max Ernst

11 œuvres

Points clés

Le marché de Max Ernst a fait preuve d'une robustesse exceptionnelle ces dernières années, son record actuel en vente aux enchères ayant été établi en 2022 à 18,4 millions de livres sterling pour « Le Roi avec la reine ». Ses œuvres les plus cotées aux enchères couvrent plusieurs décennies, depuis ses premières expérimentations Dada jusqu'à sa période surréaliste de maturité, avec des exemples notables tels que « The Stolen Mirror » et « Le Couple (L'Accolade) ». Le classement des dix œuvres ayant atteint les prix les plus élevés témoigne de l'intérêt particulier des collectionneurs pour ses peintures de grand format, caractérisées par des récits complexes et une imagerie symbolique. Cette performance soutenue sur le marché positionne Ernst parmi les artistes les plus importants du point de vue commercial pour la période moderne.

Max Ernst (1891-1976) demeure l'une des figures les plus influentes de l'art moderne. Ses contributions fondamentales au Dadaïsme et au Surréalisme continuent de susciter un intérêt majeur sur le marché international de l'art. Ses meilleurs prix ont été systématiquement atteints par des œuvres réalisées entre les années 1920 et 1940, illustrant ses techniques novatrices et ses motifs récurrents identifiables. Le marché de l'artiste a atteint des sommets en 2022 ; les pièces exceptionnelles issues de périodes de bouleversements personnels et historiques, ainsi que celles utilisant le frottage, le grattage et la décalcomanie, sont particulièrement prisées des collectionneurs. Il est significatif que la valeur la plus élevée de ce top 10 soit également la plus récente.

£18.5M for « Le Roi jouant avec la Reine »

($21,000,000)

A bronze sculpture of a stylised humanoid ‘King’ figure with angular arms akimbo and a rectangular head topped with curved horn-like shapes. The figure stands on a rectangular base, accompanied by a smaller ‘Queen’ chess piece and other abstract geometric pieces.
Le Roi Jouant Avec La Reine © Max Ernst 1944

Le record d'adjudication actuel d'Ernst a été établi chez Christie's New York en novembre 2022 par la sculpture en bronze Le Roi Jouant Avec La Reine (1944), qui a atteint près de 200 % de son estimation haute. Cette œuvre avait été vendue précédemment pour 10,8 millions de livres sterling en 2017 – une augmentation de prix spectaculaire en cinq ans – démontrant la valeur croissante des œuvres d'Ernst sur le marché. Le titre de l'œuvre se traduit par « The King Playing With The Queen » et fait référence à la figure du roi cornu surplombant une reine conique ainsi qu'un groupe d'autres pièces d'échecs. Ernst a créé cette sculpture alors qu'il était en exil aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale ; elle canalise ce sentiment de pressentiment et de déplacement, Ernst ayant déjà utilisé des sculptures de pièces d'échecs pour symboliser les dynamiques de pouvoir et la stratégie. Toutefois, malgré l'incertitude et le danger omniprésents de l'époque, 1944 fut une année incroyablement productive pour l'artiste, marquée par la création de nombreuses autres œuvres populaires.

£9.0M for « Le Miroir volé »

($14,500,000)

A surreal landscape painting featuring humanoid figures entwined with organic, textured forms resembling foliage and coral. The scene includes a vast sky, a body of water, and a long pathway with scattered figures, creating a dreamlike, otherworldly atmosphere.
The Stolen Mirror © Max Ernst 1941

« The Stolen Mirror » (1941), créée à l'apogée de la puissance créatrice d'Ernst, a atteint plus du double de son estimation haute chez Christie's New York en novembre 2011. L'œuvre a par la suite été revendue pour 6,75 millions de livres sterling en 2016, illustrant la volatilité occasionnelle du marché, même pour des pièces majeures. Cette peinture de grand format, mesurant 65 x 81 cm, incarne le style surréaliste mature d'Ernst, alliant une exécution technique précise à une imagerie onirique. Ses sujets sont à la fois reconnaissables et méconnaissables, les motifs et formes issus de la nature étant transformés en une scène surnaturelle ; un effet dû en partie à l'usage précurseur par Ernst de la décalcomanie, consistant à presser de la peinture entre deux surfaces. À l'époque de sa création, entre 1940 et 1941, Ernst se concentrait sur le développement d'une série de compositions mêlant paysages et figures.

£5.2M for Le Couple (« L'Accolade »)

($8,000,000)

A surreal portrait of a figure with elongated, green arms and clasped hands. The figure wears a textured, patterned coat and a red hat partially covering its abstract, faceless head. The background features a mix of muted and dark tones.
Le Couple (L'Accolade) © Max Ernst 1925

Vendu chez Christie's New York en mai 2015, « Le Couple » (L'Accolade) (1925) constitue l'une des explorations les plus fascinantes des relations humaines à travers le prisme surréaliste de Max Ernst. Réalisée durant les premières années du surréalisme, cette œuvre illustre l'évolution de l'artiste, du dadaïsme vers un style plus mature, caractérisé par des représentations non conventionnelles de la figure humaine et une application de la peinture proche du collage. L'installation d'Ernst à Paris en 1922 l'a exposé au mouvement surréaliste et a impulsé cette mutation stylistique, comme en témoignent les juxtapositions inattendues de textures et de formes dans « Le Couple ». La solide performance de cette œuvre aux enchères souligne la valeur accordée aux pièces issues de cette période charnière, où les prémices de tous les styles qui allaient définir la carrière d'Ernst se laissent deviner au sein d'une seule et même toile.

£4.3M for « Leonora In The Morning Light »

($7,000,000)

A black-haired pale-skinned woman is pushing her way through a tangled vivid green jungle. Among the winding vines and complex textures are almost-recognisable forms, including skulls, animal faces, and trees.
Leonore In The Morning Light © Max Ernst 1940

Ce chef-d’œuvre de 1940 a atteint ce prix impressionnant chez Sotheby’s New York en mai 2012. À l'instar de nombreuses peintures d’Ernst réalisées durant son séjour en France pendant la guerre, Leonora In The Morning Light est empreinte d'une turbulence émotionnelle, marquée par des couleurs riches ainsi que par des contrastes et des formes conçus pour déstabiliser. Fait notable, cette peinture a été achevée entre janvier et mai 1940, peu après la libération d’Ernst, alors interné en tant que ressortissant d'une puissance ennemie, et peu avant son exil aux États-Unis. Son titre fait référence à Leonora Carrington, compagne d’Ernst pendant trois ans et artiste surréaliste ; dans l’œuvre, elle émerge de la jungle sombre et périlleuse comme une source d’espoir et de joie. L’inscription « to Leonora » figure dans le coin inférieur droit, l’œuvre ayant été offerte à Carrington en cadeau, avant de demeurer dans sa collection personnelle pendant de nombreuses années.

£4.3M for « Les Phases de la nuit »

($5,500,000)

A surreal nighttime landscape, featuring an open plane, simplified owl-like creatures, and a plain square house in the foreground. The entire piece is overlaid with waved lines and large geometric shapes that alter the shades of colour. The moon, with a bird-like shape laid over it, sits in the middle of the sky. A few algebraic characters are drawn towards the bottom.
The Phases of the Night © Max Ernst 1946

Adjugée à un résultat solide chez Christie's New York en mai 2017, The Phases Of The Night compte parmi les œuvres les plus abouties de Max Ernst pour l'année 1946. Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que le style d'Ernst atteignait sa pleine maturité, cette œuvre conjugue ses techniques emblématiques à une dimension onirique, renforcée par une superposition sophistiquée d'imagerie, composant ainsi un paysage nocturne mystérieux qui illustre sa contribution singulière au surréalisme. Le jeu des ombres fragmentées et les nuances chromatiques claires en surimpression permettent de traduire le passage du temps suggéré par le titre. Ce paysage se distingue toutefois nettement de ceux réalisés plus tôt dans sa carrière. Son horizon vaste et ouvert a pu être influencé par les décors de son nouveau foyer à Sedona, en Arizona, où il venait de s'installer avec sa nouvelle épouse Dorothea Tanning.

£2.5M for « Cage, Forêt et Soleil Noir »

(£2,550,000)

A dark and textured representation of a forest, primarily in black with a blue sky. Textured etched into the paint reveals a small bird in a square cage at the centre and a golden arch or disc just above it. The trees of the forest are abstract and unnaturally geometric.
Cafe, Foret Et Soleil Noir © Max Ernst 1935

Vendue chez Christie's London en mars 2021, cette peinture de 1927 illustre l'exploration magistrale des paysages mystérieux par Ernst durant sa période la plus novatrice. La vente réussie de cette œuvre au plus fort de la pandémie mondiale témoigne de la résilience du marché pour les pièces majeures d'Ernst datant des années 1920. L'intérêt qu'elle suscite auprès des collectionneurs peut également s'expliquer par son historique d'exposition exhaustif, ayant figuré dans des institutions prestigieuses telles que la Tate, à Londres, le Musée national d'Art moderne, à Paris, et la Fundació Joan Miró, à Barcelone. L'œuvre fait partie de la série des « Forêts » d'Ernst et constitue un exemple probant de grattage, exploitant la texture inhérente à cette technique pour générer du détail. Ernst considérait la forêt comme une « zone frontière ombrageuse » entre le connu et l'inconnu, conférant à toutes ses peintures cette atmosphère mystique et saisissante. Au centre, un petit oiseau est enfermé dans une cage, confiné au sein de ce paysage symbolique impénétrable.

£2.4M for « La Nuit sans fin »

($3,207,500)

A surreal landscape with organic, textured forms resembling coral or rock formations set against a vibrant turquoise sky. A green, serpent-like shape winds through the composition, while shadowy, abstract figures and shapes emerge in the foreground and background.
The Endless Night © Max Ernst 1940

Cette œuvre obsédante de 1940 a atteint son prix chez Sotheby’s New York en novembre 2017. Créée durant la même période troublée que Leonora In The Morning Light, The Endless Night reflète la réponse psychologique d'Ernst face aux bouleversements de la guerre et de l'exil, illustrant le sentiment de prémonition ressenti après ses deux internements par les nazis en tant que ressortissant allemand. La palette sombre du tableau et ses formes mystérieuses, souvent indéfinissables, démontrent sa capacité à traduire les traumatismes personnels et collectifs en puissantes métaphores visuelles, une caractéristique qui continue de trouver un écho auprès des collectionneurs. La scène transporte le spectateur au-delà de formes végétales préhistoriques et de silhouettes indistinctes, à travers un paysage qui semble se situer quelque part entre l'éveil et le rêve.

£2.4M for « La Chute de l'ange »

(£2,400,000)

Two nude figures lie intertwined, each of their faces hidden. The male figure’s head is towards the top of the painting, while the female’s head is angled down. Abstract, almost Cubist shapes fill the space behind them. The colour palette is kept muted and soft.
La Chute De L'Ange © Max Ernst 1923

Vendu chez Christie's London en juin 2011 lors d'une vente Impressionist Et Moderne, La Chute De L'Ange (1923) illustre parfaitement la capacité d'Ernst à transformer les formes religieuses et mythologiques en compositions surréalistes par un changement de contexte. Le titre de l'œuvre se traduit par « The Fall Of An Angel » ; toutefois, son sujet renvoie à un « The Fall » d'une nature différente de celle décrite dans la Bible, humanisant des figures surhumaines par une abstraction délicate. Avec ses dimensions de 130 x 130 cm, cette huile sur toile monumentale témoigne de la transition d'Ernst du dadaïsme vers le surréalisme, capturant le désenchantement et les bouleversements spirituels caractéristiques de cette époque.

£2.1M for « Paysage-Effet d'attouchement »

(£2,085,500)

Waving stripes of colour sweep across the lower half of the painting, primarily in red and yellow, with some blue and pink higher up. Their forms resemble waves or sand dunes. Two bird-like shapes, each with their own colourful stripes, float above, against the flat red background of the top-half of the image.
Paysage-Effet D'Attouchement © Max Ernst 1934-35

Son œuvre majeure de 1934-1935 a atteint son résultat chez Christie's à Londres en février 2020 lors de la Art of the Surreal Evening Sale. Le titre, qui se traduit par « Paysage-effet de toucher », évoque les ondes rythmiques de couleur rappelant à la fois des collines vallonnées et des vagues, réalisées à l'aide de sa technique du frottage. Le tableau fut conservé par Ernst lui-même jusqu'en 1941, date à laquelle il fut vendu à une galerie de New York. Il a figuré dans de nombreuses expositions à travers les États-Unis durant la seconde moitié du XXe siècle, avant d'être à nouveau vendu dans les années 1970. Après avoir été exposé dans des collections privées pendant des décennies, son apparition en vente aux enchères en 2020 a constitué un événement notable pour les collectionneurs d'Ernst, en particulier en raison de la palette chromatique et de la composition inhabituelles pour une œuvre de l'artiste.

£1.9M for « Les Asperges de la Lune »

($2,600,000)

Two tall cylindrical forms stand on a wider cylindrical base. The form on the right has a wider top with two notches carved out of it. The form on the left has more of a spherical top. Both have a kind of joint slightly above halfway up.
Les Asperges De La Lune © Max Ernst 1935

« Les Asperges De La Lune » (1935) a été vendue chez Sotheby’s New York en mai 2018. La sculpture fut initialement moulée en plâtre, avant d'être éditée en bronze à 11 exemplaires entre 1972 et 1973. La version originale en plâtre est conservée au Museum of Modern Art. Son titre, qui se traduit par « Lunar Asparagus », associe avec espièglerie des formes animales et végétales, faisant allusion aux connotations érotiques de l'asperge dans la langue française. Il s'agit de l'une des neuf grandes sculptures créées par Ernst durant son séjour à Paris au milieu des années 1930, chacune illustrant le goût de l'artiste pour les contradictions, les contextes complexes et les altérations des formes naturelles.

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