La plus grande plateforme mondiale d'estampes et éditions modernes et contemporaines

La cote de Wifredo Lam : les records de prix atteints en vente aux enchères

Vous souhaitez acheter ou vendre une estampe ?

Wifredo Lam

Wifredo Lam

20 œuvres

Points clés

Le marché des enchères pour Wifredo Lam privilégie ses œuvres séminales des années 1940 et du début des années 1950, son record actuel s'établissant à 6,7 millions de livres sterling, atteint en 2020 pour Omi Obini (1943). Ses figures emblématiques de « femme cheval », son imagerie spirituelle afro-cubaine et ses formes hybrides mêlant humains, animaux et végétaux dominent ses meilleurs prix, reflétant l'appréciation des collectionneurs pour sa fusion singulière du modernisme européen et de l'héritage afro-caribéen. Le marché accorde une valeur premium à ses toiles de grand format explorant les thèmes afro-cubains, particulièrement celles créées entre 1943 et 1950, période où son style a atteint son apogée. La moitié de ses 10 meilleurs résultats en vente aux enchères ont été enregistrés depuis 2017, témoignant d'une croissance soutenue et d'une reconnaissance institutionnelle.

Wifredo Lam (1902-1982) a fusionné les techniques de l'avant-garde européenne avec une sensibilité typiquement caribéenne, remettant en question les conceptions occidentales de l'art « primitif » tout en célébrant son héritage multiculturel. Né d'un père immigré chinois et d'une mère d'ascendance africaine et espagnole, le peintre cubain a évolué au-delà de sa formation académique en Espagne pour devenir l'un des artistes modernistes les plus majeurs. Son identité personnelle a nourri sa vision artistique, lui permettant de créer un pont entre des mondes qui, jusqu'alors, étaient restés séparés dans le canon de l'histoire de l'art occidental. Si ses estampes en édition limitée font l'objet d'une demande constante sur le marché secondaire, ce sont ses peintures à l'huile représentant des figures hybrides et ses œuvres imprégnées d'imagerie spirituelle afro-cubaine qui atteignent les prix d'adjudication les plus significatifs.

£6.7M for Omi Obini

($8,200,000)

A vertical painting featuring abstracted, interwoven shapes that appear to combine human and animal elements against a background of palm-frond-shaped patterns in vibrant blues, pinks, purples, whites, golds, and greens. The elongated, stylised forms have mask-like features and sharp, angular limbs.
Omi Obini © Wifredo Lam 1943

Cette peinture a atteint le record actuel d'enchères pour Lam lors de sa vente chez Sotheby's New York en juin 2020, après avoir figuré dans plusieurs collections privées et expositions à La Havane, Washington, Paris, Madrid et Barcelone. Elle a été créée durant une période fondamentale, peu après le retour de Lam à Cuba après deux décennies passées en Europe, la même année que La Jungla (1942-1943) (désormais intégrée à la collection permanente du MoMA). Omi Obini (qui signifie « femme » en langue yoruba) (1943) dépeint des figures hybrides entrelacées, mêlant éléments humains, animaux et végétaux sur un fond vibrant et coloré, rappelant la luxuriance du paysage tropical cubain. Comme Lam l'expliquera plus tard : « Mon retour à Cuba a signifié avant tout une grande stimulation de mon imagination, ainsi que l'extériorisation de mon monde. J'ai toujours répondu à la présence de facteurs émanant de notre histoire et de notre géographie, des fleurs tropicales et de la culture noire. » Lam souhaitait « agir comme un cheval de Troie qui déverserait des figures hallucinantes dotées du pouvoir de surprendre, de troubler les rêves des exploiteurs. »

£3.4M for À trois centimètres de la Terre

(€3,800,000)

A horizontal composition with abstract white linear forms against a dark green background. The painting features angular, ghostly shapes that appear to float in space, created with sharp white lines that suggest fragmented or deconstructed figures in a minimal, ethereal arrangement.
Trois Centimètres De La Terre © Wifredo Lam 1962

Cette imposante huile sur toile de 2,2 mètres a été adjugée chez Sotheby's Paris en décembre 2017, provenant de la collection d'Alain et Candice Fraiberger. « Trois Centimètres De La Terre » (1962) témoigne de la maîtrise, en apparence aisée, de la ligne et de la forme chez Lam, à travers une composition complexe de figures angulaires abstraites. Ces figures, jointes par endroits et aux dimensions et silhouettes similaires, sont potentiellement des itérations d'un même personnage évoluant dans le temps : une représentation visuelle de la transformation spirituelle. Le titre lui-même renforce ce concept, suggérant un espace liminal entre les sphères terrestre et spirituelle, un thème récurrent dans l'œuvre de Lam qui reflète la croyance Santería en l'interconnexion des mondes physique et surnaturel. Tout au long de la composition, une tension délibérée s'établit entre l'abstraction et la figuration de l'artiste, chaque approche semblant occulter l'intention de l'autre pour créer un puzzle visuel. Cette interaction sophistiquée démontre la maturité artistique que Lam avait atteinte à cette période, reflétant son exploration continue de la spiritualité afro-cubaine et son développement constant d'une fusion distinctive de techniques modernistes européennes et de références culturelles caribéennes.

£2.5M for Ídolo (Oya/Divinité de l'Air et de la Mort)

($4,000,000)

A vertically-oriented canvas depicting ethereal, abstracted figures in ochre and dark green. Specks of additional pink, blue, and green are visible in the feathers of a bird-like creature in the lower right. The composition suggests an undefined spiritual presence with elongated forms that blend human and supernatural elements, rendered with both precise lines and geometric shapes as well as softer, atmospheric areas that create a sense of mystery and otherworldliness. Five sets of round, blank eyes appear to look out at the viewer.
Ídolo (Oya/Divinité De L'Air Et De La Mort) © Wifredo Lam 1944

Cette œuvre de 1944 a été adjugée un million de dollars au-dessus de son estimation haute chez Sotheby's New York en mai 2012. L'œuvre est riche en iconographie religieuse afro-cubaine, faisant spécifiquement référence à Oya, la divinité de la Santería associée aux vents, à la foudre et à la garde des portes entre la vie et la mort. Elle combine les techniques de l'huile et du fusain pour créer un fini mystérieux et spectral — marqué par des yeux d'une frappante intensité — qui incarne la nature liminale de la divinité représentée. Après avoir passé plusieurs années à renouer avec l'héritage culturel de sa terre natale suite à son retour d'Europe, Lam s'est particulièrement intéressé à la manière dont les traditions spirituelles de la Santería et des religions afro-cubaines ont préservé des éléments culturels africains malgré l'histoire brutale de l'esclavage et de la colonisation. L'historique d'exposition de cette peinture est particulièrement notable ; elle a été présentée dans de nombreuses institutions prestigieuses, dont le MoMA, le Hirshhorn Museum à Washington D.C., le Palais des Papes à Avignon en 1947, et la Hayward Gallery à Londres.

£2.1M for Peinture, nous l'attendons

A large dark canvas featuring angular, elongated figures in golden-brown tones arranged against a black background textured with rough brushstrokes. The figures are both abstract and geometric, employing circles and triangles to form their heads and limbs. Their arrangement suggests a ritual of some kind, moving around a central source of light.
Peinture, Nous L'Attendons © Wifredo Lam 1951

Cette imposante peinture à l'huile, mesurant près de 2,5 mètres de haut, a été adjugée chez Sotheby's Paris en décembre 2012. Il s'agit de l'une des plus grandes toiles de l'œuvre de Lam à avoir été présentée aux enchères, et elle se distingue dans le catalogue de l'artiste car elle a été exécutée sur papier marouflé sur toile, et non directement sur toile. Le titre, qui se traduit par « Peinture, nous l'attendons », suggère un commentaire autoréférentiel sur la durée même du processus artistique, reflétant l'engagement sophistiqué de Lam envers les idées modernistes sur la nature de la représentation, de l'inspiration et de la création. Dans le style typique de Lam, l'œuvre présente des figures angulaires brun doré, à la fois riches en personnalité et non identifiables. Elles illustrent la maturité du style de l'artiste, alliant la fragmentation cubiste au biomorphisme surréaliste.

£1.7M for Je suis

(€1,900,000)

A painting depicting a stylised dark figure seated on a chair, apparently with legs crossed under a black skirt, against a vibrant, textured red background. The central form, despite being largely formed of precise curves, has horse-like characteristics, geometric elements, and humanoid arms and hands. A green flowing mane of hair descends down the figure’s back, and a small round face with horns sits on top of the figure’s blank head.
Je Suis © Wifredo Lam 1949

Cette œuvre majeure issue de l’imagerie de la « femme cheval » de Lam a été vendue chez Christie's Paris en juin 2019, dépassant son estimation haute de 90 %. Je Suis (1949) représente une figure assise à tête équine sur un fond rouge vibrant. Les figures hybrides emblématiques de Lam, mêlant éléments humains, animaux et mythologiques, semblent exister entre deux mondes, devenant troublantes tout en restant étrangement familières. Le titre fait référence à la célèbre proposition philosophique de René Descartes, « Je pense, donc je suis », mais la tronque pour ne garder que « Je suis », suggérant une affirmation plus fondamentale de l’existence, au-delà du besoin de pensée. Lam a toujours cherché à remettre en question la philosophie occidentale en proposant des alternatives puisées dans les pratiques spirituelles afro-cubaines. Le tableau présente plusieurs éléments significatifs de l’iconographie de Lam, notamment l’emblème distinctif d’Elegua, divinité de la Santería associée aux carrefours et au destin, qui apparaît au sommet de la composition. Le contraste entre la pose statique de la figure et la « crinière » de cheveux vert fluide évoque l’idée de possession spirituelle ou de transformation – une référence au concept de la Santería d’être « monté » ou possédé par un orisha (divinité).

£1.5M for « Femme Cheval »

($2,000,000)

A vertically oriented canvas showing an elegant, purple-grey silhouetted female figure with a distinctive spiked trumpet-shaped head seen in profile. Behind her, a winged, dark red shape stands in her shadow, also adorned with beige spikes. Behind her is a tall, spiked object that appears to be both a tail and a staff. Behind these elements, the background is black.
Femme Cheval © Wifredo Lam 1950

Cet exemple éponyme du motif le plus célèbre de Lam a été vendu chez Christie's New York en juillet 2020. « Femme cheval » (1950) illustre parfaitement les figures hybrides mi-femme mi-cheval qui sont devenues le sujet de prédilection de Lam, aujourd'hui considérées comme la pierre angulaire de son héritage artistique. La figure de la « femme cheval » apparaît pour la première fois dans les illustrations de Lam pour le poème surréaliste « Fata Morgana » d'André Breton entre 1940 et 1941, mais elle atteint son expression la plus sophistiquée dans des œuvres telles que celle-ci, datée de 1947-1950. La figure représente le concept de possession spirituelle dans la Santería, où les fidèles deviennent le « cheval » d'une divinité qui les « monte » lors des cérémonies rituelles. Cette peinture a été réalisée au cours d'une période particulièrement fructueuse de la carrière de Lam, faisant suite à des expositions personnelles à la Pierre Matisse Gallery à New York en 1944 et au Parque Central de La Havane. « Femme cheval » (1950) est restée dans la collection de l'artiste jusqu'en 1983, date à laquelle elle fut vendue par Sotheby's lors de la première des deux seules ventes de la pièce.

£1.4M for Présages

($2,200,000)

A square painting featuring two angular, sharp-edged creatures seemingly fighting on a barren, dark landscape. The higher, darker of the two creatures has several triangular heads, wings, clawed feet, as well as an additional mouth in the centre of its narrow body. The lower of the two has four central circular heads on thin, bending necks bursting out of its belly, as well as clawed feet and angular wings. It holds a white orb in one claw.
Présages © Wifredo Lam 1947

Cette toile parfaitement carrée a été adjugée chez Phillips New York en mai 2015, lors d'une vente célébrant l'art latino-américain. « Présages » (1947) démontre la maîtrise avec laquelle Lam compose des œuvres dynamiques et énergiques, suggérant des forces spirituelles en mouvement, souvent empreintes d'émotion et d'agressivité. Cette pièce en particulier dégage une atmosphère inquiétante et surnaturelle ; le titre lui-même évoque des visions prophétiques, des avertissements ou des signes surnaturels. Ce thème fait écho à la conviction de Lam quant à la capacité de l'art à révéler des vérités cachées et à remettre en question les récits dominants. À travers ses œuvres, il cherchait à capturer un reflet de l'esprit humain et à raconter des histoires susceptibles de susciter chez le spectateur une réaction viscérale. Le tableau bénéficie d'un historique d'exposition distingué, ayant été présenté dans plusieurs galeries et musées d'importance, notamment la Galleria Civica di Arte Moderna à Turin et la Villa Medici à Rome. Sa provenance solide et sa reconnaissance institutionnelle ont largement contribué à sa performance notable lors de cette vente aux enchères.

£1.2M for « Chant de la forêt »

A vertically oriented painting in muted grey and brown tones showing indistinct, shadowy forms that suggest a mystical forest scene. The composition features ethereal, ghostly shapes, articulated by geometric lines and smudged brushstrokes, emerging from a dark background. Hooked claws, leaves, or feathers extend horizontally out of the central body.
Chant De La Forêt © Wifredo Lam 1946

Cette peinture éthérée et atmosphérique a été adjugée chez Christie's Londres en février 2016. « Chant de la Forêt » (1946) saisit un paysage cubain mystérieux à travers une fusion de formes végétales et anthropomorphes. L'œuvre témoigne de la capacité de Lam à insuffler une présence spirituelle aux décors naturels, créant des créatures hybrides qui semblent émerger organiquement de leur environnement. La forêt constituait un motif particulièrement significatif pour Lam, représentant à la fois le paysage distinctif de sa terre natale et un lieu de puissance spirituelle dans les traditions afro-cubaines. À l'instar de nombreux surréalistes, Lam était fasciné par la forêt en tant qu'espace de mystère et de transformation, mais il abordait ce thème dans une perspective spécifiquement caribéenne, l'imprégnant de références aux pratiques et croyances spirituelles locales. Le son et la musique évoqués par le titre de l'œuvre sont des éléments centraux des cérémonies de la Santería, tandis que les formes sombres du sujet évoquent le sentiment de présences et de forces cachées que Lam croyait habiter le paysage cubain. Cette œuvre incarne le désir de Lam de dépeindre ce qu'il considérait comme la véritable essence de Cuba, en contraste avec les plages ensoleillées promues auprès des touristes.

£1.1M for « Les Abalochas dansent pour Dhambala, dieu de l'unité »

($1,850,000)

A large oil painting dominated by otherworldly black, white, and yellow figures against a dark green-grey background. The figures, each comprising geometric shapes, narrow limbs, circular eyes, and additions such as claws, wings, or trunks, appear to be in motion. They touch and hold onto each other as if moving as one.
Les Abalochas Dansent Pour Dhambala, Dieu De L'Unité © Wifredo Lam 1970

Cette peinture à grande échelle, mesurant près de 2,5 mètres de large, a été vendue chez Sotheby's New York en novembre 2010, établissant ce qui était alors un nouveau record aux enchères pour l'artiste, et ce jusqu'à la vente, en décembre 2012, de Peinture, Nous L'Attendons (1951). Le titre se traduit par « La danse des Abalochas pour Dhambala, dieu de l'unité », reflétant sa composition complexe de figures entrelacées engagées dans une danse rituelle. L'œuvre fait référence à des éléments spécifiques des pratiques religieuses afro-caribéennes, les « Abalochas » désignant des prêtres ou des pratiquants du vaudou, tandis que Dhambala (ou Damballah) est une divinité serpent majeure associée à la création, à la pluie et à la fertilité dans le vaudou haïtien. La scène est profondément imprégnée de religiosité, montrant Dhambala se mêlant à d'autres figures dans un état de mouvement extatique, de dynamisme et de transformation. Cette vente a eu lieu quelques mois seulement après que Sotheby's a établi un précédent record pour Lam avec la vente à 1,2 million de dollars de Sur Les Traces (1945), témoignant de l'appréciation croissante du marché pour son œuvre.

£1.0M for « Femme avec un oiseau »

A vertical canvas showing a stylised pale female figure seated against a light grey background with a dragon-like bird perched in her hand. She supports the bird and her hand by resting her elbow on her knee. The composition features smooth, curved forms with subtle contours and limited colour palette, creating an elegant, mysterious presence that combines human and animal characteristics. She has a long face, with hints of red and yellow within the shadow there, and a long mane running down her back and over the back of her white chair.
Femme Avec Un Oiseau © Wifredo Lam 1949

Cet exemple captivant du motif de la « femme cheval » de Lam a été vendu chez Sotheby's New York en novembre 2019, dépassant son estimation haute et clôturant cette liste. « Femme Avec Un Oiseau » (1949) dépeint une figure féminine assise aux traits hybrides, évoquant le cheval, accompagnée d'un oiseau rappelant une sorte de dragon. Le motif de la « femme cheval » incarne déjà la puissance féminine et la transformation spirituelle dans l'œuvre de Lam ; ici, l'ajout de l'oiseau approfondit encore la symbolique. Dans les traditions afro-cubaines, les oiseaux représentent souvent des messagers entre le monde des humains et celui des esprits, suggérant que la figure féminine centrale est à la fois élue des dieux et réceptacle d'une intervention divine. Le tableau possède une provenance intéressante, ayant appartenu à la collection privée de Gabriel García Márquez.

Become a MyArtbroker Member for free

Devenez gratuitement membre de MyArtbroker

Le seul indice au monde consacré au marché de l'estampe, fondé sur la méthode de régression des ventes répétées.