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Valeur des œuvres d'Alberto Giacometti : prix records aux enchères

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Alberto Giacometti

Alberto Giacometti

17 œuvres

Points clés

Le marché des enchères d'Alberto Giacometti témoigne d'une solidité exceptionnelle, ses œuvres les plus prisées atteignant systématiquement des sommes à huit chiffres. Son record actuel en vente publique, établi en 2015, s'élève à 81,6 millions de livres sterling pour L'Homme au doigt (1947), l'ensemble de ses dix meilleures adjudications dépassant les 19,5 millions de livres sterling. La demande soutenue pour ses sculptures en bronze, en particulier celles créées durant la période d'après-guerre, reflète la confiance des collectionneurs dans sa valeur artistique singulière et son apport historique. Ses figures longilignes emblématiques, capturant les thèmes de l'isolement existentiel et de la condition humaine, ont imposé Giacometti comme l'un des sculpteurs les plus importants du XXe siècle sur le plan commercial.

Alberto Giacometti (1901-1966) demeure l'un des sculpteurs les plus influents du XXe siècle. Bien qu'il ait débuté par des œuvres surréalistes plus abstraites, l'artiste d'origine suisse a développé son style de maturité, caractérisé par des formes d'une minceur extrême, longilignes et spectrales, qui incarnent les thèmes existentialistes de l'isolement et de la vulnérabilité au sortir de la guerre. Il concevait la sculpture comme une « interrogation » sur l'humanité, plutôt que comme une affirmation ou un reflet, et puisait son inspiration dans les œuvres antiques d'Égypte et de Grèce. Si ses estampes en édition limitée connaissent une demande constante sur le marché secondaire, ce sont ses sculptures en bronze qui atteignent régulièrement des prix records, témoignant de leur impact profond sur l'histoire de l'art moderne.

£81.6M for « L’Homme au doigt »

($126,000,000)

Bronze sculpture of an extremely thin, elongated figure with one arm outstretched with pointing finger and the other bent up towards the sky behind him. The figure stands on a small platform with spindly legs and arms, exhibiting a rough, textured surface and dramatic proportions.
L'Homme Au Doigt © Alberto Giacometti 1947

L'Homme au doigt (1947) a établi l'actuel record d'enchères pour Giacometti lors de sa vente chez Christie's New York en mai 2015, faisant également de cette pièce la sculpture la plus chère jamais vendue. Haute d'environ 1,78 mètre, cette sculpture en bronze grandeur nature représente l'apogée des œuvres tridimensionnelles d'après-guerre de l'artiste. La valeur exceptionnelle de l'œuvre provient de sa rareté, s'agissant du seul exemplaire de l'édition de six que Giacometti a peint à la main, ainsi que de la légende selon laquelle il aurait créé cette sculpture en une seule nuit pour respecter les délais d'une exposition. Avec sa silhouette surhumaine et sa pose prophétique, elle incarne la philosophie existentialiste de Giacometti ; son geste, le doigt pointé, est considéré comme le symbole d'une humanité guidée vers un monde nouveau au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

£58.0M for « L'Homme qui marche I »

(£58,000,000)

Tall bronze sculpture of an extremely thin, elongated figure leaning forwards in mid-stride. The figure has a rough, textured surface with long, stick-like legs and arms, creating a sense of forward movement despite its static medium.
L'Homme Qui Marche I © Alberto Giacometti 1960

Vendu chez Sotheby's à Londres en février 2010, L'Homme qui marche I (1960) a établi trois records. Il s'agissait de la sculpture la plus chère jamais vendue aux enchères, de l'œuvre de Giacometti la plus onéreuse jamais adjugée et, pendant une très courte période, de l'œuvre d'art la plus chère jamais vendue aux enchères, avant que Nu au plateau de sculpteur (1932) de Picasso ne soit vendue deux mois plus tard, en mai 2010, pour 62,3 millions de livres sterling. Cette figure en bronze de 183 cm a été créée au sommet de la carrière de Giacometti, en collaboration avec sa fonderie de prédilection et la plus ancienne de France, le Susse Fondeur à Paris. Elle est devenue une représentation iconique du voyage solitaire de l'humanité à travers l'existence. Sa posture, en plein mouvement mais avec les deux pieds au sol, se situe quelque part entre le mouvement et l'immobilité. Le résultat impressionnant de l'œuvre reflétait non seulement son importance artistique, mais aussi sa provenance exceptionnelle, ayant appartenu à la collection de la Dresdner Bank en Allemagne. D'autres épreuves de L'Homme qui marche I (1960) sont conservées dans des institutions prestigieuses telles que la Fondation Maeght, le Kröller-Müller Museum et le Carnegie Museum of Art.

£56.3M for « Chariot »

($90,000,000)

Bronze sculpture featuring a thin, vertical figure mounted on a two-wheeled cart. The large, spoked wheels contrast with the extremely slender central figure, all supported by two small wooden pedestals.
Chariot © Alberto Giacometti 1950

« Chariot » (1950), l’un des six tirages en bronze réalisés entre 1951 et 1952, a atteint ce résultat chez Sotheby's New York en novembre 2014. Cette figure féminine se dresse, figée, sur une plateforme à roues précaire ; sa silhouette est frêle et vulnérable, et il est difficile de déterminer si elle est en mouvement ou simplement en équilibre. La composition évoque les représentations de chars étrusques et égyptiens de l'art antique, mêlées aux tourments incessants de l’anxiété moderne. Sa conception fut fortement influencée par le traumatisme de Giacometti suite à un accident de la circulation, ainsi que par la vision d'un « chariot de pharmacie étincelant » qu'il eut alors qu'il était hospitalisé.

£50.7M for « Le Nez »

($68,000,000)

Bronze sculpture featuring a cage-like rectangular frame housing a suspended, elongated head form with a dramatically protruding, needle-like nose. The end of the nose extends beyond the confines of the cage.
Le Nez © Alberto Giacometti 1949

Une fonte de 1965 de Le Nez (1949) a été adjugée chez Sotheby's New York en novembre 2021, marquant une réalisation majeure pour l'une des œuvres les plus obsédantes et symboliques d'Alberto Giacometti. Cette tête suspendue, composée de bronze, d'acier et de fer aux yeux évidés, est confinée dans une cage métallique ouverte, dont le nez allongé fait saillie. L'œuvre marque une rupture avec les figures debout de Giacometti et puise son inspiration tant dans le surréalisme que dans sa réponse aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale ; la bouche est grande ouverte, comme figée dans un cri, les yeux et les oreilles sont absents, tandis que ce nez perçant rappelle un Pinocchio pris en flagrant délit de mensonge. Il a été suggéré que la sculpture s'inspirait du souvenir d'un homme à l'agonie, dont le nez semblait s'allonger sous l'effet de sa lutte pour respirer. Sa performance remarquable aux enchères souligne l'appréciation des collectionneurs pour les compositions conceptuellement plus audacieuses de Giacometti.

£31.2M for « Grande Tête Mince »

($47,500,000)

Bronze sculpture resembling a tall, pointed head rising from wide shoulders. From the front, the head is impossibly thin, but from the side, the profile is more realistic. The rough, textured surface creates an organic quality.
Grande Tête Mince © Alberto Giacometti 1954

Une autre sculpture de tête de Giacometti, Grande Tête Mince (1954), a dépassé de près de 10 millions de livres sterling son estimation haute chez Christie's New York en mai 2010. Trois ans plus tard, une autre épreuve de cette série a été adjugée chez Sotheby’s New York pour 27,8 millions de livres sterling. Son titre, qui se traduit par « Great Thin Head », est une illustration majeure de la fascination de Giacometti pour le portrait distordu, souvent étrange. Les traits extrêmement étirés créent une présence obsédante qui semble osciller entre matérialité et dématérialisation, comme si l'œuvre pouvait disparaître vue de profil – une qualité qui a rendu le travail de Giacometti si influent auprès de penseurs existentialistes comme Jean-Paul Sartre. Modelée d'après son frère cadet, Diego, elle fait partie des nombreux bustes masculins des années 1950 explorant la relation spatiale entre une sculpture et son observateur. Sa vente en 2010 a suivi le décès de son ancienne propriétaire, Frances Brody, qui conservait l'œuvre dans sa collection privée depuis 1955.

£22.1M for « Trois hommes qui marchent (Grand Plateau) »

($26,000,000)

Bronze sculpture featuring three extremely thin, elongated figures arranged on a small square platform. The spindly figures appear to be in mid-stride, with long, stick-like limbs anchored to a brass-coloured base on top of a square pedestal.
Trois Hommes Qui Marchent (Grand Plateau) © Alberto Giacometti 1948

Trois Hommes Qui Marchent (Grand Plateau) (1948) a atteint ce résultat chez Sotheby's New York en novembre 2022. Cette composition en bronze, fondue en 1952, présente trois des figures masculines filiformes caractéristiques de Giacometti, disposées sur un plateau plat rappelant une table. L'œuvre illustre l'exploration par Giacometti des relations spatiales et de l'isolement humain : même lorsque les figures occupent le même espace physique, elles demeurent psychologiquement distantes. Chaque silhouette avance résolument dans une direction différente, semblant maintenir l'équilibre du plateau ; prisonnières d'un mouvement éternel, elles sont incapables d'échapper aux limites de ce socle. Cette méditation puissante sur la coexistence et l'isolement humains exemplifie les fondements philosophiques profonds des œuvres les plus recherchées de Giacometti. Elle a été vendue en 2022 dans le cadre de la collection David M. Solinger, au sein de laquelle elle figurait depuis son acquisition auprès de la Galerie Maeght en 1952.

£20.4M for « Femme qui marche I »

(€23,500,000)

Extremely slender bronze figure with elongated proportions standing on a small rectangular base. The female figure has a smooth, polished surface with minimal detail, creating a stark vertical presence with attenuated limbs and torso. A curved triangular indent has been cut into her ribs.
Femme Qui Marche I © Alberto Giacometti 1932-36

« Femme qui marche I » (1932-36), l'œuvre la plus ancienne de cette liste, a été adjugée chez Christie's Paris en juin 2022. Haute de 150 cm, soit la taille réelle, cette figure féminine longiligne marque une transition fondamentale dans le développement artistique de Giacometti, alors qu'il s'éloignait du surréalisme pour affirmer son style caractéristique. Créée sur plusieurs années au cours d'une période d'expérimentation intense, puis fondue en 1955, la sculpture présente une surface beaucoup plus lisse que les œuvres postérieures de l'artiste, et par conséquent une forme plus épurée. En 1933, elle fut exposée à la Galerie Pierre Colle à Paris agrémentée d'éléments surréalistes, tels qu'une tête en forme de violoncelle, une main semblable à une fleur et une main en forme de plume, qui furent ultérieurement retirés. Elle est, à ce titre, emblématique de l'évolution de Giacometti, ce qui en fait une pièce toujours très prisée des collectionneurs. L'œuvre a changé de mains et a vu sa valeur croître à plusieurs reprises, avant d'être vendue en 2022, issue de la collection de Hubert de Givenchy.

£19.8M for « Grande Femme II »

(€22,000,000)

Extremely tall, slender bronze female figure with an elongated torso and legs standing on a small base. The figure has minimal detailing, with a rugged surface and simplified form creating a stark, attenuated silhouette.
Grande Femme II © Alberto Giacometti 1960

« Grande Femme II » (1960) a atteint ce résultat chez Christie's à Londres en octobre 2017. Haute de 276,5 cm, cette sculpture est l'une des plus imposantes de Giacometti. Elle a été conçue dans le cadre d'une série de quatre femmes monumentales destinées à une installation en extérieur sur l'esplanade du siège de la Chase Manhattan Bank à New York, le premier projet public de l'artiste. Dépassé par l'ampleur de la tâche après avoir peiné à concevoir des figures qui s'harmoniseraient avec les gratte-ciel environnants, Giacometti finit par abandonner le projet en 1961. Cette sculpture fut néanmoins fondue en bronze entre 1980 et 1981, vingt ans après la mort de l'artiste, et conservée dans la collection d'Annette Giacometti de 1982 à 2017. Sa stature imposante et sa présence marquante en font une œuvre emblématique de son corpus.

£19.6M for « Femme Leoni »

($24,500,000)

Bronze sculpture of an extremely thin, elongated standing figure with a small head. The textured surface gives the impression of rough, organic material, while the figure's impossibly slender proportions create a sense of fragility and verticality.
Femme Leoni © Alberto Giacometti 1947

« Femme Leoni » (1947) a été adjugée chez Sotheby's New York en mai 2023, ce qui en fait la vente la plus récente de cette liste. Cette figure féminine en bronze de 153,2 cm illustre la fascination de l'artiste pour la figure féminine debout, réduite à ses éléments essentiels tout en conservant une présence profonde. Créée durant la même période d'après-guerre novatrice que « L'Homme au doigt » (1947), cette sculpture démontre la capacité de Giacometti à exprimer simultanément la vulnérabilité et la force. La provenance remarquable de l'œuvre et son historique d'exposition, incluant la Berlin National Gallery en 1987 et le MoMA en 2001, ont contribué à son solide résultat aux enchères.

£18.9M for « Femme de Venise III »

Slender bronze figure with an elongated body and simplified features, mounted on a small square base. The textured surface appears rough and weathered. The pose has arms close to the body and legs together.
Femme De Venise III © Alberto Giacometti 1956

Clôturant ce top 10, la vente de Femme de Venise III (1956) chez Christie's New York en novembre 2022. La sculpture, fondue en bronze par Diego Giacometti en 1958 à six exemplaires, faisait partie de la prestigieuse collection Paul G. Allen. L'œuvre appartient à la célèbre série Femme de Venise de Giacometti, créée pour la Biennale de Venise de 1956, où il représentait la France. La série était initialement composée de 15 figures en plâtre, avant d'être réduite à neuf sculptures en bronze, chacune inspirée par les statues égyptiennes et les korai grecques, et dotée d'une texture de surface quasi volcanique. La provenance distinguée de cette sculpture particulière débute à la Pierre Matisse Gallery à New York et comprend des expositions à la Royal Academy of Art de Londres, à la Scottish National Gallery of Modern Art et au Hiroshima Prefectural Art Museum.

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