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97 x 128cm, Édition de 250, Screenprint

Dans le cadre de la série Electric Chair d'Andy Warhol (1971), l'estampe Electric Chair (F. & S. II.77) représente une chaise électrique vide, une image reprise d'une coupure de presse concernant les exécutions très médiatisées de Julius et Ethel Rosenberg. Warhol réalise une sérigraphie de cette photographie, en conservant une grande partie de sa qualité granuleuse d'origine. En s'appropriant une image issue des médias de masse pour créer cette estampe, Warhol se moque délibérément du style expressionniste abstrait alors dominant et contredit les idées du mouvement concernant l'originalité et la paternité de l'œuvre.
Cette estampe marque une rupture frappante avec le tableau original de Electric Chair, qui faisait partie de la série « Death and Disaster » de 1964. Les couleurs vives utilisées dans les rendus négatifs de l'image créent un contraste dramatique avec l'image sinistre et vide qui se cache dessous. Warhol fait allusion au politique avec cette estampe en utilisant des couleurs impossibles à ignorer, comme les tons bleu et jaune éclatants de cette œuvre, déstabilisant ainsi le spectateur et le forçant à affronter de front cette image obsédante de la mort.
Warhol souligne que ces images sont si souvent ignorées dans les journaux ; il transforme donc ici la photographie médiatique en une œuvre d'art destinée à être examinée avec attention dans le cadre d'une galerie. La texture granuleuse et représentative, juxtaposée aux touches de couleur abstraites, produit un contour fantomatique et un effet visuel pulsatile, ramenant les spectateurs au moment de l'électrocution.