Le portfolio « Ten Woodcuts » (2008) de David Shrigley rassemble dix estampes marquantes réalisées en xylogravure et monochromes. Chaque œuvre met en lumière le style volontairement naïf et ludique de Shrigley, tout en véhiculant une pointe d'existentialisme humoristique, lorsqu'il représente des motifs tels qu'un cimetière, un crâne et une cuillère.
| Œuvre | Date de vente | Maison de ventes aux enchères | Retour au vendeur | Prix au marteau | Prix payé par l'acheteur |
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Le portfolio d'estampes en bois de David Shrigley, intitulé Ten Woodcuts, a été réalisé en 2008 en petite édition de 20 exemplaires. À travers dix œuvres méticuleusement travaillées, Shrigley dévoile son style artistique distinctif, caractérisé par un humour noir et une observation aiguë des absurdités de la vie. Les estampes de ce portfolio témoignent du talent exceptionnel de Shrigley et de son souci du détail. L'attachement de l'artiste aux dessins au trait ludiques et simplistes, ainsi qu'aux aplats de couleur, se transpose magnifiquement dans le bois, où la bichromie vient renforcer l'impact visuel des récits de Shrigley, plongeant les spectateurs dans son univers fantaisiste et souvent surréaliste.
L'humour occupe une place centrale dans Ten Woodcuts, comme dans une grande partie de l'œuvre de Shrigley, offrant une porte d'entrée espiègle à son exploration de thèmes existentiels. Ses observations teintées de comédie noire, transmises à la fois par l'imagerie et les textes d'accompagnement, comprennent des estampes affichant en grandes lettres les mots « DEATH » (Mort) ou « MEANINGLESSNESS » (Absurdité), ou encore des représentations emblématiques de crânes et de cimetières. La juxtaposition amusante et troublante entre la typographie naïve de Shrigley — qui rétrécit souvent à mesure que le mot avance, comme s'il manquait d'espace — et son thème sombre nous invite à trouver de l'humour dans l'existentialisme.
En effet, l'absurdité de Ten Woodcuts est accentuée par le fait que, parallèlement à des images morbides comme un cimetière ou un crâne, Shrigley inclut des représentations plus incongrues : une cuillère ou un camp sous un ciel où pendent la lune ou le soleil. Cette combinaison cryptique nous introduit dans l'excentricité de l'esprit de Shrigley et suggère une vision pas entièrement négative de l'absurdité de la vie — une vision où les objets ou scènes du quotidien servent de talismans porteurs de sens et contrebalancent l'angoisse existentielle de Shrigley.
Ten Woodcuts est une invitation saisissante à accepter les absurdités inhérentes à l'existence et à trouver du réconfort dans l'expérience partagée d'être humain. Les estampes de Shrigley nous servent de miroirs, reflétant les complexités et les contradictions de nos propres vies. En mêlant humour et introspection sombre, il nous encourage à rire, à questionner et, finalement, à apprécier la riche tapisserie de l'expérience humaine.