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KAWS
90 x 64cm, Édition de 50, Screenprint, 2002
£3,250-£4,900
$6,000-$9,500 Indicateur de valeur de marché
$6,000-$9,000 Indicateur de valeur de marché
¥29,000-¥45,000 Indicateur de valeur de marché
€3,850-€6,000 Indicateur de valeur de marché
$35,000-$50,000 Indicateur de valeur de marché
¥680,000-¥1,020,000 Indicateur de valeur de marché
$4,300-$6,500 Indicateur de valeur de marché
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Dans cette œuvre, KAWS confronte son personnage « Chum » – sorte de bonhomme Michelin affublé d'une tête à tête de mort et aux yeux en forme de XX – au plus petit Astro, personnage de manga japonais initialement créé par Osamu Tezuka. Comme l'a souligné le spécialiste de l'art contemporain Noah Davis, « aucun personnage de dessin animé n'est à l'abri d'être absorbé et transformé par KAWS ». Il est toutefois important de noter ici que la figure d'Astro est exceptionnelle dans la mesure où ses yeux demeurent ronds, sans les X caractéristiques de KAWS, contrairement aux autres interprétations du personnage par l'artiste. Avec un pied posé sur la nuque du jeune garçon, Chum s'impose comme une figure dominante, bien que son expression et sa posture semblent davantage empreintes de curiosité que de menace.
Représentée par de simples lignes blanches sur un fond noir, cette scène rappelle les croquis d’animation des débuts ou même les dessins réalisés à la craie par Keith Haring dans le métro. KAWS s’est fait un nom d’une manière similaire à Haring, en détournant les panneaux publicitaires trouvés dans les abribus et les cabines téléphoniques de Manhattan pour présenter à un public élargi son étrange galerie de personnages, s’écartant ainsi du parcours traditionnel menant de l’école d’art à la galerie. Évoquant ses débuts d’artiste urbain, KAWS a déclaré : « À l’époque où je faisais du graffiti, toute ma réflexion tenait en une idée : "Je veux juste exister." Je veux exister dans le monde à travers ce langage visuel... Pour moi, créer des peintures n’avait aucun sens si je n’atteignais pas les gens. » Ce désir de toucher le public est manifeste dans des œuvres comme celles-ci, où KAWS s’approprie des figures populaires pour les présenter sous un jour nouveau, assurant ainsi la pérennité de son travail auprès d’un public, qu’il soit novice ou averti.
Sa méthode de travail, axée sur les éditions – à travers ses figurines Companion ainsi que ses séries d’estampes – témoigne de sa parfaite compréhension du marché de l’art actuel et rappelle également les techniques répétitives inhérentes à la création de dessins animés. Initialement issue de l’imprimerie commerciale, la sérigraphie a été intégrée aux beaux-arts par Andy Warhol dans les années 60. Ses estampes grand format représentant des visages iconiques – de Marilyn Monroe à Elvis en passant par le président Mao – l’ont rapidement rendu aussi célèbre que ses sujets, tout en exerçant une influence considérable sur les générations d’artistes à venir. Ce procédé consiste à exposer une image sur un écran de soie qui peut ensuite être encré des centaines de fois pour créer une œuvre multicouche. Cette technique se prête particulièrement bien au travail de KAWS ; si, dans Chum vs Astroboy, l’artiste a opté pour une palette monochrome, conférant à cette estampe d’une simplicité trompeuse l’aspect d’une lithographie ou d’un dessin, il explore par ailleurs les possibilités du médium à leur paroxysme au sein de ses autres éditions.