Réalisée durant les années formatrices de sa carrière, « La Recherche du Shoe Perdu » révèle l'évolution du style d'Andy Warhol alors qu'il exerçait en tant qu'illustrateur publicitaire. Bien plus que de simples publicités, chaque œuvre de cette série constitue le portrait d'un escarpin féminin doté d'une personnalité propre.
Cette série a été créée pour le chausseur I. Miller & Sons.
La même année que Warhol commença sa collaboration avec la maison de chaussures I. Miller & Sons, celle-ci lui commanda cette série destinée à promouvoir son relancement. Les estampes furent publiées sous la forme d'un dessin de chaussure hebdomadaire dans les pages « société » du New York Times.
Le titre de la série fait écho au roman de Marcel Proust, « À la recherche du temps perdu ».

Empruntant son titre au roman éponyme de Proust, « À la recherche du temps perdu », cette série s'en inspire directement. Si le récit semi-autobiographique de Proust suit la quête de vérité de l'auteur, la série d'estampes de Warhol fait, quant à elle, allusion aux modes de vie menés par celles qui portent des escarpins I. Miller & Sons.
La série se compose de 16 chaussures individuelles.

« La Recherche du Shoe Perdu » est un ensemble de deux portfolios d'estampes, représentant 16 chaussures individuelles au travers de la série. Chaque chaussure est unique par sa couleur, son positionnement et l'inscription calligraphique qui l'accompagne. Tout comme les portraits que Warhol a exécutés plus tard dans sa carrière, chacune de ces chaussures possède son propre caractère et sa propre présence.
La carrière de Warhol a débuté dans l'illustration.

Après avoir obtenu son diplôme en design pictural au Carnegie Institute of Technology en 1949, Warhol s'installe à New York et entame une carrière d'illustrateur commercial. Outre ses travaux publiés dans le New York Times, Warhol réalise également des publicités pour Glamour et Harper's Bazaar.
Les estampes ont été coloriées à la main.
Avant qu'Andy Warhol ne découvre la sérigraphie, il reproduisait ses illustrations sous forme de lithographies. Ces lithographies au trait noir étaient ensuite mises en couleur à la main par Warhol et ses amis lors de ce qu'ils appelaient des « colouring parties », conférant ainsi à ces estampes un attrait unique.
Cette série est le fruit d'une collaboration entre Andy Warhol et sa mère, Julia Warhola.

Sous chaque chaussure de Warhol figure une inscription calligraphique réalisée par sa mère, Julia Warhola. Il ne s’agissait pas là de la première collaboration entre la mère et le fils, Julia ayant également apposé ses inscriptions décoratives sur la série antérieure de Warhol, « Cats Named Sam ».
Cette série fut l'une des premières d'Andy Warhol.

Aux côtés de Cats Named Sam et de In The Bottom Of My Garden, il s'agit de l'une des premières séries d'estampes de Warhol. C'est peut-être en raison de ses racines dans le graphisme commercial que l'artiste a commencé à réaliser ses séries d'estampes, qui figurent aujourd'hui parmi les pièces les plus prisées du marché Warhol.
Warhol est revenu sur le motif de la chaussure plus tard dans sa carrière.

Comme en témoignent ses publicités commerciales ainsi que ses séries ultérieures telles que « Diamond Dust Shoes », l'escarpin était un sujet qui captivait manifestement Warhol. Les chaussures figurent parmi les motifs les plus récurrents de l'artiste, un sujet qu'il a su maîtriser aussi bien dans ses illustrations que dans ses sérigraphies.
Le consumérisme a été partie intégrante de la vie et de la carrière d'Andy Warhol.

Le début de carrière de Warhol fut ancré dans la publicité, où il réalisait des illustrations au service du consumérisme. À mesure que son œuvre se développait, Warhol a tourné son attention artistique principalement vers des biens de consommation familiers à tout un chacun. De plus en plus, Warhol a traité son activité artistique comme une entreprise à part entière, incarnant ainsi l'essence même du Pop Art.
Cette série témoigne de la fascination d'Andy Warhol pour la construction de soi.

Dotée d'une personnalité singulière, chaque chaussure semble offrir une opportunité à celui ou celle qui la porte. En se glissant dans une chaussure I. Miller & Sons, telle qu’interprétée par Warhol, la personne se transporte dans l’univers imaginaire de l’artiste — une immersion qu’une simple publicité photographique ne saurait susciter. À partir de cette étape de sa carrière, Warhol se passionne pour le vêtement et les cosmétiques en tant que modes de construction de soi, une thématique que l’on retrouve dans ses séries ultérieures.









