La vaste série d'estampes de John Piper, « Eye And Camera » (vers 1967-1980), explore le regard dans l'art en transformant des photographies de sa propre épouse en sérigraphies d'un grand pouvoir visuel. Les compositions magistrales de Piper remettent en question les notions traditionnelles de perception et soulignent la perspective unique de l'œil de l'artiste et de son objectif.
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Eye and Camera est une série d'estampes de John Piper, réalisée entre la fin des années 1960, les années 1970 et le début des années 1980, qui explore la relation entre la vision de l'artiste et le médium photographique. À travers une série de sérigraphies, Piper analyse l'interaction entre la perception humaine et l'objectif objectif de l'appareil photo, soulignant les similarités et les différences dans la manière dont le monde est saisi par chacun.
Mieux connu pour ses représentations de scènes pastorales britanniques, d'églises et d'architectures de palais, les estampes de Piper dans ce portfolio offrent quelque chose d'unique. Basées sur des photographies prises par l'artiste de son épouse, ces œuvres sont légèrement érotiques, représentant tantôt sa silhouette, tantôt ses jambes gantées croisées, ou d'autres angles de son corps, souvent en sous-vêtements. Piper brouille les frontières entre représentation et abstraction en masquant partiellement son épouse par un fond noir massif, une composition répétitive et différentes palettes de couleurs vives. L'effet est à la manière du Pop Art, rappelant les sérigraphies pionnières d'Andy Warhol grâce à l'utilisation par Piper du médium de la sérigraphie, des aplats de couleur et des compositions sensuelles.
La série Eye And Camera met en lumière le côté plus expérimental de Piper, car il emploie diverses techniques, telles que le collage, le photomontage et les techniques mixtes, avant l'impression. En intégrant des éléments photographiques à ses estampes, Piper atténue la distinction entre l'estampe traditionnelle et la photographie, qui partagent déjà une affinité dans leur sérialité, interrogeant ainsi les limites de l'expression artistique. À travers ces compositions, Piper explore le concept d'encadrement et de vision sélective ; il manipule le point de vue, le cadrage et la superposition des images pour créer tension visuelle et ambiguïté. Observée dans son ensemble, la série présente une scène érotique fragmentée singulière, suggérant les limites de l'œil humain comme de l'objectif de l'appareil photo, et générant une qualité cinématographique.