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92 x 123cm, Édition de 250, Screenprint

Faisant partie de la série de Andy Warhol intitulée Electric Chair (1971), l'estampe Electric Chair (F. & S. II.76) présente l'image d'une chaise électrique vide, reprise d'un article de presse concernant les exécutions très médiatisées de Julius et Ethel Rosenberg. Warhol réalise une sérigraphie de la photographie, conservant en grande partie sa qualité granuleuse d'origine. En s'appropriant une image issue des médias de masse pour créer cette estampe, Warhol se moque délibérément du style de l'Expressionnisme abstrait alors dominant et contredit les idées de ce mouvement concernant l'originalité et l'auteur.
Cette estampe marque une rupture saisissante avec la peinture originale de Electric Chair qui figurait dans la série « Death and Disaster » de 1964. Les couleurs vibrantes utilisées dans les rendus négatifs de l'image créent une juxtaposition dramatique avec l'image grave et vide qui se trouve en dessous. Warhol fait allusion au politique avec cette estampe en utilisant des couleurs impossibles à ignorer, comme les tons rouille sombres de cette œuvre, déstabilisant ainsi le spectateur et le forçant à affronter de front cette image obsédante de la mort.
Warhol souligne le fait que ces images sont si souvent ignorées dans les journaux. Il transforme donc ici la photographie médiatique en une œuvre d'art destinée à être considérée avec attention dans le cadre d'une galerie. La texture granuleuse et représentative, juxtaposée aux touches de couleur abstraites, produit un contour fantomatique et un effet visuel pulsatile, ramenant les spectateurs au moment de l'électrocution.