« Marries An Old Maid » © David Hockney 1963
David Hockney
653 œuvres
La série A Rake’s Progress de David Hockney, réalisée en 1963, réinterprète le conte moral du XVIIIe siècle de William Hogarth pour le public contemporain. À travers seize estampes en eau-forte et aquatinte, Hockney utilise son premier voyage à New York pour intégrer l'autoportrait et l'esprit dans un récit d'ascension et d'aliénation.
Mirror, Mirror On The Wall © David Hockney 1963« A Rake’s Progress » de David Hockney revisite le récit moralisateur du XVIIIe siècle de William Hogarth pour en faire un parcours contemporain à travers New York. Tout en conservant le récit d'arrivée, de tentation et de chute, Hockney remplace Tom Rakewell par un personnage ressemblant au jeune artiste qui évolue entre gratte-ciel, cages d'escalier et bars. Il en résulte une relecture spirituelle et moderne où le spectacle de la consommation, l'identité et l'aliénation prennent la place des tripots de Hogarth. En transposant un « sujet moral moderne » à l'ère des médias de masse, Hockney démontre comment la descente du Voyou (The Rake) fait écho à la perte de l'individualité au sein d'une société consumériste.
The Drinking Scene © David Hockney 1963Hockney dessinait directement sur des plaques de cuivre, associant des lignes incisives à des aplats d'aquatinte. Cette combinaison technique lui permettait de mettre en scène des personnages distincts sur des zones d'ombre mesurées. Travaillant majoritairement en monochrome, il utilisait des éclairs stratégiques de rouge pour diriger le regard du spectateur : dans The Arrival et The Wallet Begins to Empty, le rouge accentue le contraste avec des vides noirs inquiétants, tandis que dans The Gospel Singing, il représente l'exaltation parcourant la foule.
The Seven Stone Weakling © David Hockney 1963Alors que la série de Hogarth est remplie de pièces saturées d'accessoires et de personnages, Hockney vide l'espace dans sa relecture. Des espaces nus, des escaliers isolés et des portes dissimulées par des rideaux deviennent un décor psychologique, accentuant l'exposition du « libertin » (Rake). Le « non-lieu » encadre l'aliénation et transforme chaque motif en un indice que le spectateur doit décoder : il en résulte une scène moderne où le vide parle longuement et où la plus petite touche de rouge sert de point de l'intrigue.
The Wallet Begins To Empty © David Hockney 1963La série « Rake » de Hockney met en scène l’artiste aux cheveux décolorés et à ses lunettes rondes, apparaissant de profil tout au long de son périple. Cette odyssée inclut la vie nocturne gay, les flirtations, et capture la liberté enivrante du New York du début des années 1960, réinterprétant le vice de Hogarth comme des questions de construction de soi et d’appartenance. Plutôt qu’un effondrement moral, la tension réside entre libération et conformité. On observe ainsi des moments d'euphorie (The Gospel Singing) céder la place à l'aliénation (estampes signées Disintegration et Cast Aside). L'ensemble se traduit par une étude franche de l'identité, mise en scène dans une ville qui offrait à Hockney à la fois l'isolement et la libération.
Bedlam © David Hockney 1963L'installation de Hockney à New York remplace les tripots de Hogarth par la publicité et les médias de masse new-yorkais des années 1960. Dans Disintegration, un panneau publicitaire pour du whisky domine la scène, suggérant la manière dont les publicités vendent l'illusion de la connexion tout en uniformisant l'apparence et le ressenti de toute chose. Dans Bedlam, dernière image de la série, Hockney suggère que la folie réside désormais dans la conformité de masse plutôt que dans l'effondrement moral.
Cast Aside © David Hockney 1963L'utilisation stratégique du rouge par Hockney ancre les entrées et les sorties, ponctue les discours et la signalisation, et souligne le péril ou la révélation. Comme tout le reste est monochrome, le rouge ressort, guidant le spectateur à travers l'espace ouvert. Dans The Election Campaign, Hockney utilise des lettres rouges pour transformer le discours politique en spectacle, tandis que dans The Drinking Scene et Disintegration, la même couleur signale le désir et le déclin. C'est une méthode simple mais puissante utilisée pour orienter l'émotion et l'attention à travers la série.
Viewing A Prison Scene © David Hockney 1963Hogarth comme Hockney racontent l'histoire d'un homme qui monte puis chute dans la société, mais chacun reflète sa propre époque. Hogarth dénonce l'avidité et le vice du Londres du XVIIIe siècle, tandis que Hockney s'intéresse à la solitude et à la mise en scène de soi à l'ère moderne. Chacun raconte l'histoire d'un jeune homme façonné et détruit par sa ville, mais là où Hogarth condamne la décadence morale, Hockney explore la perte d'individualité dans un monde de slogans et de répétition.
Death In Harlem © David Hockney 1963Hockney s'inspire des structures compositionnelles de la première Renaissance, de la fusion de l'image et du texte observée chez William Blake, et de la narration sérielle de Hogarth. Il les associe ensuite à une typographie façon panneau publicitaire, à des graphismes modernes et à des espaces ouverts. Ce mélange actualise le récit du XVIIIe siècle pour un public du XXe siècle, rendant l'histoire visuellement directe tout en restant riche en références et en sens.
The Arrival © David Hockney 1963Cette série de 1963 établit une approche à laquelle Hockney reviendra tout au long de sa carrière : des séquences d'images qui racontent une histoire avec une ligne distinctive et des décors épurés. Illustrations for Six Fairy Tales from the Brothers Grimm (1969), développé sur trois ans, témoigne de sa maîtrise grandissante du dessin, tandis que The Blue Guitar (1976-1977) étend sa narration à un récit thématique inspiré du poème de Wallace Stevens de 1936 et de Pablo Picasso. À travers ces projets, l'art de la gravure narrative demeure un fil conducteur essentiel dans la pratique de Hockney.
Meeting The Other People © David Hockney 1963Créée peu après le Royal College of Art, cette série illustre la voix naissante de Hockney : pleine d'esprit et indubitablement teintée de Pop Art. Son mélange de satire, de narration inventive et de maîtrise graphique unique a contribué à asseoir Hockney comme une figure clé du Pop Art britannique.