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10 faits concernant les Photo Collages de David Hockney

Essie King
écrit par Essie King,
Dernière mise à jour25 Nov 2024
Photocollage du Grand Canyon : « The Grand Canyon Looking North, September 1982 » de David Hockney.Le Grand Canyon Looking North, September 1982 © David Hockney 1982
Jasper Tordoff

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David Hockney

David Hockney

653 œuvres

À première vue, on ne soupçonnerait jamais que David Hockney, fervent critique de la nature statique de la photographie, allait en réalité réinventer son potentiel de manière si marquante. Pourtant, le parcours de Hockney, nourri par le scepticisme, s'est finalement mué en une symphonie d'innovation. Qu'il s'agisse de revitaliser le cubisme en photographie ou d'explorer The World à travers le prisme des Polaroïds, Hockney a élaboré un langage artistique qui dépasse les frontières traditionnelles. Qu'il saisisse le calme d'un The Metropolitan Opera House presque vide ou qu'il infuse ses scènes de souvenirs personnels, ses photocollages deviennent des conversations, évoquant l'intimité des intérieurs, l'immensité des paysages et les nuances culturelles.

1.

Hockney était sceptique vis-à-vis de la photographie

David Hockney's Sunday Morning Nov 28th 1982 Mayflower Hotel N.Y. A photo collage of the interior of a hotel room.Sunday Morning Nov 28th 1982 Mayflower Hotel N.Y © David Hockney 1982
« Je veux dire, la photographie est acceptable si vous n'avez rien contre regarder le monde du point de vue d'un Cyclope paralysé – pendant une fraction de seconde. Mais ce n'est pas cela, vivre dans le monde. » - David Hockney

Au départ, David Hockney était hésitant quant aux limites de la photographie, exprimant des réserves sur sa perspective statique et singulière. Cependant, son appréciation pour ce médium s'est spectaculairement épanouie après que le conservateur Alain Sayag l'eut convaincu de présenter ses œuvres à Paris.

2.

Il a revitalisé le cubisme grâce à la photographie

David Hockney's Freda Bringing Ann & Me A Cup Of Tea. A photo collage of a small group of friends having tea outdoors. Freda Bringing Ann & Me A Cup Of Tea © David Hockney 1983

L'œuvre de Hockney dans le domaine de la photographie a été profondément influencée par les principes du cubisme. Plutôt que de présenter un point de vue unique, il a adopté l'approche multifacette du cubisme, décomposant les scènes en fragments pour les réassembler ensuite, créant ainsi une interaction dynamique entre différentes perspectives dans un seul collage photographique. Cette méthode a montré comment le mouvement d'avant-garde pouvait être réinterprété et revitalisé grâce aux techniques photographiques modernes.

3.

Les Polaroid ont complètement transformé sa technique

David Hockney's Luncheon At The British Embassy, Tokyo, February 16th 1983. A photo collage of the interior of The British Embassy with mean seated at a table.Luncheon At The British Embassy, Tokyo, February 16th 1983 © David Hockney 1982

L'approche de Hockney a évolué pour intégrer une méthode unique de présentation de multiples perspectives dans une seule œuvre à travers ses compositions innovantes de photographies Polaroid. Celles-ci n'étaient pas seulement des œuvres autonomes ; elles servaient également d'outil stratégique. Au-delà de ses créations en collage, Hockney utilisait ces images multifacettes comme des plans fondamentaux, guidant la structure et la composition de ses peintures ultérieures.

4.

Hockney utilisait la couleur pour créer de la profondeur et de l'espace.

David Hockney's Anne And David, Central Park, N.Y. Dec. A man and woman sitting on a bench at Central Park during the winter time.Anne And David, Central Park, N.Y. Dec © David Hockney 1982

Tout au long de la série, Hockney utilise des tons sourds, principalement dans les gris et les bleus, imprégnant ses œuvres d'une qualité sentimentale qui approfondit leur contexte. De plus, son usage novateur de l'espace visuel est très parlant. Plutôt que de submerger la toile d'images, il consacre un vaste espace aux couleurs unies, soulignant leur rôle essentiel dans le récit. Dans son collage intitulé Anne And David, Hockney reflète l'énergie de la saison hivernale dans son choix de couleurs, tout en alignant avec soin des photographies au centre, ce qui crée un équilibre plutôt qu'une distraction. Au lieu de prendre le dessus, les couleurs et la composition amplifient harmonieusement l'ambiance et l'intention de l'œuvre. Il est tentant de considérer ses œuvres comme un jeu d'images, mais l'éclat réside dans la capacité de Hockney à créer de la profondeur et de la complexité par la maîtrise de techniques simples.

5.

L'envie de voyager est au premier plan

David Hockney's Walking In The Zen Garden At The Ryoanji Temple. Photo collage of the zen garden at the Ryoanji Temple.Walking In The Zen Garden At The Ryoanji Temple © David Hockney 1983

Les voyages de Hockney, notamment dans des lieux comme le Japon, ont profondément influencé ses perspectives artistiques, imprégnant ses Photo Collages de couches d'essence culturelle et géographique. Dans Walking In The Zen Garden At The Ryoanji Temple, on observe la fragmentation subtile du célèbre jardin japonais, juxtaposée aux chaussettes rouges et noires surprenantes, capturant un mélange de sérénité traditionnelle et d'excentricités contemporaines. De même, ses voyages en voiture à travers l'Amérique, incluant des vues comme le Grand Canyon, mettent en lumière sa capacité à fusionner la grandeur panoramique avec le détail intime.

6.

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« L’appareil photo ne peut pas voir l’espace. Il voit les surfaces. Les gens, eux, voient l’espace, ce qui est beaucoup plus intéressant. » - David Hockney

7.

Les assemblages ont permis l'illusion du mouvement

David Hockney's Nude, 17th June. A photo collage of a nude woman laying down across light pink sheets.Nude, 17th June © David Hockney 1984

Malgré tous ses atouts, la photographie traditionnelle offre un point de vue limité : elle saisit un instant précis depuis un angle unique. Cette rigidité reflète rarement la manière dont l'œil humain perçoit le monde. Hockney cherchait à reproduire cette perspective multidimensionnelle, à la fois fluide et dynamique, dans ses assemblages. Essentiellement, un assemblage (ou "joiner") est une collection de photographies superposées qui forment une composition plus vaste. Toutefois, ce qui est remarquable dans les assemblages de Hockney, c'est sa capacité à y insuffler du mouvement.

Nous découvrons une image fixe d'une femme allongée dans son lit dans Nude, 17th June. Pourtant, grâce à l'utilisation des assemblages par Hockney, une illusion de mouvement se dégage de cette immobilité même. Le collage illustre non seulement l'interaction dynamique entre le spectateur et l'œuvre, mais capture également le mouvement intrinsèque du sujet.

8.

Hockney a découvert les photographies 'joiners' par hasard

Davis Hockney's Graffiti Palace. A photo collage of graffiti across the side of an outdoor structure. Graffiti Palace, New York © David Hockney 1982

Les « joiners » de Hockney relèvent en fait d'un heureux hasard. Dans les années 1960, alors qu'il travaillait sur la représentation d'une pièce à Los Angeles, il s'est mis à assembler des clichés Polaroid. Ce collage involontaire a étonnamment réussi à transmettre une sensation de mouvement à travers l'espace. Cet assemblage fortuit a piqué la curiosité de Hockney, le poussant à délaisser temporairement la peinture pour se consacrer à la photographie.

9.

Il a fait de la photographie contemporaine à partir de souvenirs personnels

David Hockney's My Mother Sleeping, Los Angeles. A photo collage of a woman sitting in a chair, covered with a blanket, sleeping.My Mother Sleeping, Los Angeles © David Hockney 1982

Les Photo Collages de David Hockney sont des journaux visuels profondément personnels, retraçant les moments intimes et les relations de sa vie. Au cœur des sujets récurrents figure la mère de Hockney, une figure essentielle non seulement dans ces collages, mais dans l’ensemble de son œuvre. En présentant systématiquement des visages familiers, notamment comme Billy Wilder, Hockney souligne l'importance des rencontres personnelles dans son art.

10.

Bon nombre de ces collages incluent Hockney lui-même

David Hockney's Gregory Watching The Snow Fall, Kyoto, Feb 21st 1983. A photo collage of an interior bedroom setting with a man lying in the bed. Gregory Watching The Snow Fall, Kyoto, Feb 21st 1983 © David Hockney 1983

Si vous regardez attentivement, vous remarquerez une paire de pieds visible tout au long de cette collection. Ils sont presque toujours centrés au milieu de l'œuvre, vers le bas du collage. Alors que l'on distingue clairement des paires de chaussures dans Graffiti Palace et The Brooklyn Bridge, Gregory Watching The Snow Fall montre les pieds nus de Hockney. Cela remplit une double fonction : cela signifie la pratique culturelle japonaise consistant à ne pas porter de chaussures à l'intérieur, honorant ainsi le Genkan, et cela pourrait aussi indiquer que cette pièce est la plus personnelle de la série, étant donné son cadre intime de chambre à coucher.

11.

La série dépeint avec brio les nuances de l'espace

David Hockney's The Metropolitan Opera House. A photo collage of an interior of the Metropolitan Opera HouseThe Metropolitan Opera House © David Hockney 1982

Dans cette série, les décors seuls racontent leur propre histoire. En juxtaposant les intérieurs et les extérieurs, Hockney explore le contraste entre les moments personnels et confinés et les possibilités infinies du monde extérieur. Ceci est particulièrement manifeste dans The Metropolitan Opera House. Bien que l’œuvre se déroule dans un lieu associé au prestige et aux événements bondés, le collage révèle un espace presque vide et silencieux. L’accent est peut-être mis ici sur la dichotomie entre l’agitation attendue de certains lieux et la solitude qu’ils peuvent parfois abriter, soulignant ainsi la nature imprévisible des environnements et notre relation avec eux.

La capacité de Hockney à révéler le sens à travers l’interaction de l’espace et du contexte est évidente dans sa prochaine exposition Bigger & Closer (not smaller & further away), qui ouvrira le 24 décembre 2024 aux Aviva Studios à Manchester. L’exposition couvre six chapitres de son œuvre, depuis ses débuts à Los Angeles jusqu’à ses pièces plus tardives créées dans le Yorkshire et en Normandie, offrant l’occasion de découvrir son évolution en tant qu’artiste. Parmi les moments forts, citons son utilisation de la photographie comme une forme de « dessin à l’appareil photo », ses représentations vibrantes du printemps sur iPad, et sa conviction que seule la peinture peut véritablement transmettre l’immensité du Grand Canyon. Accompagnée d’une partition spécialement composée par Nico Muhly, l’exposition transforme son art en un voyage immersif et multisensoriel, mettant en lumière la beauté, la solitude et l’émerveillement que l’on trouve dans l’ordinaire comme dans le grandiose.