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What
Red Lines Can Do

En 1970, Helen Frankenthaler a transposé sa technique emblématique de trempage et de saturation (soak-stain) en sérigraphie, explorant le potentiel expressif du trait. Cette série documente des formes rouges, jaunes et bleues jaillissant sur des fonds pâles ; la ligne devient geste, structure et rythme, redéfinissant l'abstraction par un équilibre entre spontanéité, contrôle et puissance chromatique.

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Signification et analyse

What Red Lines Can Do est une série qui s'inscrit dans l'œuvre de Frankenthaler, résumant son rôle fondamental dans le développement de l'art américain d'après-guerre. La série se compose de cinq sérigraphies, dont des œuvres telles que What Red Lines Can Do (H. 25) et What Red Lines Can Do (H. 26), toutes produites en 1970. L'art de Frankenthaler est souvent associé au mouvement Color Field, apparu en réaction à l'Expressionnisme abstrait des premières heures, repoussant les limites de l'interaction des couleurs sur la toile.

Rappelant sa technique du « soak-stain » (peinture absorbée), où Frankenthaler versait de la peinture diluée sur du papier non apprêté, l'artiste a utilisé une approche similaire dans ses estampes en appliquant des pigments dilués sur différents supports. Cette méthode met en lumière son usage créatif des matériaux, mais renforce également la qualité émotive de ses œuvres. L'interaction entre les rouges vifs, les verts et les ocres dans cette série crée un dialogue visuel qui invite les spectateurs à se connecter à la résonance émotionnelle de la couleur et de la forme.

Dans le contexte de l'ensemble de l'œuvre de Frankenthaler, What Red Lines Can Do est une exploration de l'abstraction, faisant écho aux influences de ses contemporains tout en affirmant sa voix singulière dans le monde de l'art. Le parcours artistique de Frankenthaler a été marqué par son examen de la relation entre la couleur et l'espace, visible dans cette série à travers l'utilisation par Frankenthaler de la couleur comme force structurelle. Les lignes rouges dans ces œuvres organisent l'espace, suggèrent le mouvement et guident le regard du spectateur. What Red Lines Can Do montre comment elle manipule les teintes et les formes pour créer une tension spatiale et une harmonie, une marque de fabrique de son style développé à partir de la technique du « soak-stain » qu'elle a initiée. Les œuvres reflètent sa capacité à transmettre la profondeur et le dynamisme par des compositions minimalistes mais percutantes.

De plus, le milieu culturel des années 1970, caractérisé par des bouleversements sociaux et une quête de nouvelles formes d'expression, est palpable dans les estampes de Frankenthaler. Elles capturent un moment d'exploration artistique où les frontières traditionnelles étaient remises en question, permettant une interprétation plus libérée de l'art abstrait. Cette série est un dialogue sur la nature évolutive de l'art dans un monde en rapide mutation, utilisant son minimalisme pour résister à une catégorisation aisée et contribuer à la remise en question générale de ce qui définissait l'art « noble » durant cette décennie.