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66 x 48cm, Édition de 180, Lithograph

Hantée et lugubre, l'œuvre de Francis Bacon, Triptyque août 1972, est l'une de ses pièces les plus déchirantes issues de ses « Triptyques noirs ». Créé après le suicide de son amant et compagnon de longue date, George Dyer, Triptyque août 1972 (volet droit) témoigne du chagrin dévorant de Bacon. Assise sur la même chaise que celle occupée par Dyer dans Triptyque août 1972 (volet gauche), se trouve la figure obsédée de Bacon, rendue dans des tons charnels, roses et bleus. En contraste frappant avec la silhouette fantomatique de Dyer, celle de Bacon semble bien plus lourde, la musculature de son torse étant prononcée. Son visage étant positionné comme s'il regardait le spectateur, ce volet constitue une conclusion définitive au triptyque, après Triptyque août 1972 (volet central). Comme dans les deux autres volets du triptyque, un vide rectangulaire noir s'étend sur la composition, semblant s'enfoncer dans l'arrière-plan tel une porte vers la mort.
Créée l'année qui a suivi la mort de George Dyer, Triptyque août 1972 est un hommage au regret et au manque ressentis par Bacon suite à la perte de son amant et compagnon. Triptyque août 1972 (panneau de droite) est un Self-Portrait dans lequel Bacon fait face à sa perte et offre au spectateur un regard direct sur son visage, manifestement empreint de culpabilité. Bacon avait rencontré Dyer fin 1963 dans un pub de Soho, et leurs vies s'étaient immédiatement entremêlées. Issu d'une famille marquée par le crime organisé et la débauche, Dyer était un homme tourmenté lié au milieu criminel qui, sans surprise, avait vivement intéressé l'imagination psychologiquement pénétrante de Bacon. Tout au long de leur relation tumultueuse, Bacon a peint Dyer à de nombreuses reprises, mais Triptyque août 1972 (panneau de droite) trahit le chagrin de Bacon après la mort prématurée de Dyer. Un jour seulement avant l'exposition personnelle de Bacon au Grand Palais de Paris en octobre 1971, le corps de Dyer a été découvert affalé sur la cuvette des toilettes de sa suite d'hôtel.
Bien que Bacon sculpte la musculature de sa forme solide et vivante, son épaule gauche semble plongée dans l'ombre, fusionnant avec le grand vide en arrière-plan. Contrairement à la silhouette de Dyer dans Triptyque août 1972 (panneau de gauche), qui s'efface dans un néant spectral, celle de Bacon semble tailladée par cette ombre pour signifier la perte d'une partie essentielle de son être. De même, le regard de Dyer est tourné vers Bacon à travers les panneaux du triptyque, aspirant désespérément à son attention. Or, ce regard n'est pas réciproque de la part de Bacon. Celui-ci s'est peint de face, contorsionnant ses traits pour révéler la torture engendrée par sa perte. À droite de sa silhouette, une ombre charnelle se répand sur le sol, un écho que l'on retrouve dans Triptyque août 1972 (panneau de gauche), tel le spectre de la relation qui liait les deux hommes de leur vivant. À l'instar de ses panneaux compagnons, Triptyque août 1972 (panneau de droite) est ainsi l'une des œuvres les plus psychologiquement poignantes et immersives de Bacon, relatant la perte, le deuil et la culpabilité de l'artiste durant cette année catastrophique de sa vie.