Les estampes de « Scooters » (2015) d'Invader représentent un scooter photoréaliste, assemblé comme un patchwork d'autocollants. Invader réagit ainsi au retrait systématique de toutes ses installations dans la ville et fait référence à une installation de 2002 réalisée par le regretté artiste, The King of Kowloon, qui critiquait la relation entre les autorités de Hong Kong et une tradition locale de street art.
Invader's Scooters series has historically shown more modest results compared with the artist’s wider oeuvre, with auction prices ranging from £800 to £4200. Average annual growth has remained modest at -3.38%, with certain works seeing declines in value. Over 11 total auction appearances, average selling prices have held steady around £1690. This series appeals to collectors seeking accessible entry points into Invader’s print market.
| Œuvre | Date de vente | Maison de ventes aux enchères | Retour au vendeur | Prix au marteau | Prix payé par l'acheteur |
|---|---|---|---|---|---|
![]() Scooter Invader Signed Print | 10 May 2023 | Tate Ward Auctions | £1,445 | £1,700 | £2,250 |
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Contrairement à son style habituel à base de carreaux, les estampes Scooter ont été publiées en 2015 en réaction à sa controversée exposition à Hong Kong intitulée Wipe Out.
Cette estampe signée a été éditée en 2015, à l’occasion de l’exposition personnelle d’Invader, Wipe Out, qui s’est tenue au Hong Kong Contemporary Art Foundation [HOCA] à Hong Kong. La relation d’Invader avec Hong Kong a toujours été quelque peu problématique. En janvier 2014, l’artiste avait « envahi » la ville pour la troisième fois, treize ans après sa première incursion. Cependant, si les œuvres d’Invader étaient plébiscitées par le public local, le sort de cette invasion était scellé, près de 90 % des créations ayant été retirées de la ville après quelques semaines, « balayées par une équipe de nettoyage des autoroutes trop zélée », selon la déclaration curatoriale du HOCA.
Wipe Out était une réaction à cet acte iconoclaste et se voulait une réponse au « retrait systématique des œuvres des rues de Hong Kong ». En plus d’exposer ses alias issus d’invasions précédentes, ses Rubikcubes et d’autres pièces inédites, Invader a présenté une trottinette recouverte d’autocollants, sujet de cette estampe. L’installation Scooter, affirmait Invader, était censée faire écho à une installation de 2002 du regretté Tsang Tsou Choi (King of Kowloon) intitulée Calligraphy on Scooter, et répondait à la relation controversée entre les spécificités de Hong Kong et sa tradition locale d’art urbain.
Outre rendre hommage au père incontesté du graffiti à Hong Kong, l’installation Scooter avait également une valeur sentimentale pour l’artiste. Dans une interview, Invader a précisé qu’il s’agissait de sa propre trottinette, qu’il possédait depuis plus de 15 ans. Les autocollants y avaient été apposés par ses amis artistes, qui en plaçaient un à chaque fois qu’ils venaient voir Invader à Paris.
Ainsi, l’estampe Scooter témoigne aussi de l’engagement d’Invader auprès de la communauté de l’art urbain, même si l’artiste est personnellement responsable de chacune des œuvres qu’il pose et ne s’appuie pas sur une équipe pour l’aider. Certains des autocollants, selon Invader, avaient été placés par Banksy, qui avait inclus Invader dans son film Exit Through the Gift Shop: A Banksy Film en signe de respect pour l’artiste français. Dans le film de Banksy, on voit le réalisateur Invader rencontrer Thierry Guetta, plus connu sous le pseudonyme de Mr Brainwash, présenté comme le cousin d’Invader et également artiste de rue de renommée mondiale, qui avait lui aussi apposé différents autocollants sur la trottinette. Après leur rencontre, le film présente Shepard Fairey, qui avait exprimé son admiration pour les œuvres d’Invader en déclarant que « en prenant le risque de recréer illégalement le contexte de personnages de jeux vidéo dans un environnement urbain offrant des interactions sociales plus chaotiques que la chambre d’un joueur, [Invader] lance un message sur la nature désensibilisante des jeux vidéo et de la culture consumériste ».
Pièce singulièrement originale dans sa production, cette estampe diffère grandement des célèbres Space Invaders d’Invader, mais atteste plutôt du statut respecté que lui ont conféré ses Space Invaders au sein de la communauté de l’art urbain. Elle documente visuellement la manière dont Invader participe à un discours plus large sur l’art urbain, la culture populaire, ainsi que les villes qu’il fréquente et leurs traditions artistiques.