Chaussures © Yayoi Kusama 1984
Yayoi Kusama
290 œuvres
Yayoi Kusama’s Shoes (1984) transforme des chaussures de tous les jours en œuvres d’art colorées, recouvrant des talons hauts de ses emblématiques Polka Dots et ses Infinity Nets. Exploration ludique de l’expression de soi et de la mode, cette série reflète la fascination de longue date de Kusama pour la mode en tant qu'extension de l'art. Cette collection invite le spectateur à réfléchir aux thèmes de l'identité, de la féminité et de l'extraordinaire dans l'ordinaire.
Shoes © Yayoi Kusama 1984Le motif récurrent de chaussures de Yayoi Kusama apparaît dans ses sculptures, ses peintures et ses estampes, symbolisant son approche joyeuse de l'expression de soi. Dans sa série « Shoes », elle place des talons hauts au centre de chaque composition pour célébrer le style personnel et intégrer la mode à son art. « Shoes » fusionne l'art et la mode, reflétant la conviction de l'artiste que ce que nous portons peut être une extension de notre identité créative.
High Heels 2 © Yayoi KusamaKusama utilise la répétition infinie des Polka Dots et des réseaux comme métaphore de l’infini et de la dissolution du moi. Dans la philosophie de Kusama, chaque point peut représenter une étoile dans le cosmos ou un atome – les éléments constitutifs d’un univers infini. En couvrant d’innombrables pois les objets associés au parcours personnel et au mouvement, Kusama relie le chemin individuel de celui qui porte la chaussure à un voyage cosmique plus vaste. Ce motif obsessionnel s’inscrit dans le thème de toute une vie de Kusama, « l’auto-oblitérations », où le moi fusionne avec l’infini, se perdant symboliquement dans les motifs.
High Heels 3 © Yayoi KusamaLe sens de la mode de Kusama a toujours fait partie intégrante de sa personnalité artistique. Elle est célèbre pour porter des tenues à pois qu'elle dessine elle-même et une perruque rouge vif : un look emblématique qui fait écho à la personnalité affirmée de ses œuvres. Au début de sa carrière, Kusama assistait souvent aux vernissages vêtue d'un kimono traditionnel et munie d'un parasol, jouant avec les stéréotypes occidentaux sur les femmes japonaises. En parodiant l'image de la « geisha hollywoodienne », elle a fait de son style personnel une performance artistique, forgeant ainsi une image individualiste et pleine d'assurance. Ce mélange entre l'art et la mode illustre à quel point l'identité et la créativité de Kusama sont profondément imbriquées.
Shoes © Yayoi Kusama 1984 La fusion de l'art et de la mode chez Kusama s'étend à la haute couture concrète par le biais de collaborations célèbres. En 2012, elle s'est associée à Louis Vuitton pour lancer une ligne de sacs à main recouverts de pois, et une décennie plus tard, en 2023, une deuxième collection Louis Vuitton était lancée à plus grande échelle. Ces collaborations de haute couture ont introduit ses pois ludiques sur des sacs et des chaussures (y compris des baskets, des bottes, des mocassins et des talons aiguilles), faisant entrer les motifs de Yayoi Kusama dans les boutiques de luxe du monde entier. Inspirées par ses Infinity Mirror Rooms et ses couleurs emblématiques, les collections transforment les articles de mode du quotidien en œuvres d'art portables.
High Heels 1 © Yayoi KusamaKusama transforme l’accessoire quotidien qu’est la chaussure par la couleur, la répétition et une forme stylisée. Les contours de la chaussure sont exagérés et entourés de motifs rythmés, ce qui crée une qualité onirique et surréaliste. Cette approche fait écho au désir plus large de Kusama de dissoudre les frontières entre l’art et la vie. En isolant un objet familier et en l’immergeant dans ses motifs infinis, elle l’élève au rang de symbole d’obsession, de transformation et d’expression personnelle.
Shoes © Yayoi Kusama 1984La chaussure à talon est un motif que Kusama reprend sans cesse, faisant le lien entre les accessoires de mode quotidiens et l'art surréaliste. Elle a représenté des chaussures non seulement dans des estampes, mais aussi dans des sculptures monumentales – de ses Gold Heels phalliques à High Heels for Going to Heaven. Si ses sculptures de chaussures sont fantastiques, ses estampes sont plus directes, partageant néanmoins le même thème : la fascination de Kusama pour l'auto-confection et le monde de la mode en général.
High Heels 4 © Yayoi KusamaDans In Kusama’s Shoes, chaque estampe présente une paire de talons hauts à pois, aux couleurs vives, sur un fond d’« Infinity Nets ». Les couleurs vibrantes et les pois ludiques célèbrent une forme stéréotypée de « féminité » dans l’auto-représentation, mais l’absence notable de toute personne crée un sentiment d’anonymat et d’intrigue. En présentant des talons hauts attendant une porteuse inconnue, Kusama commente subtilement l’identité féminine, où le glamour est célébré tout en évoquant l’universalité des idéaux sociétaux féminins.
Hat Left Behind In The Field © Yayoi Kusama 1981La série ultérieure de Kusama, High Heels, qui présente des chaussures plus ornementées, met en lumière la double nature de ce symbole féminin. D'une part, les talons hauts évoquent l'autonomisation, la confiance et la beauté ; d'autre part, ils signifient l'inconfort et la contrainte. Dans High Heels, Kusama réunit ces idées contradictoires en guise de commentaire sur l'impact de l'industrie de la mode sur les femmes, invitant à la discussion sur les attentes sociétales en matière de beauté et de soumission.
Hat © Yayoi Kusama 1981Les chaussures ne sont pas les seuls articles de mode que Kusama explore à travers son art ; les chapeaux apparaissent également comme des symboles dans ses œuvres. Dans sa série Hats, Kusama représente divers chapeaux entièrement recouverts de ses fameux Polka Dots. Historiquement, un chapeau peut indiquer le statut social, la profession ou la conformité, mais Kusama subvertit cette idée en effaçant l'individualité de chaque couvre-chef sous un champ de pois. Cet acte de masquer un symbole traditionnel d'identité le transforme en partie d'un motif infini, reflétant ainsi son thème de l'auto-oblitération.
Hat II © Yayoi Kusama 1981Dans Shoes, la Transformation A de Kusama, qui métamorphose un accessoire ordinaire en un symbole chargé, l'aligne sur des prédécesseurs surréalistes tels que Meret Oppenheim, Salvador Dalí et René Magritte, lesquels ont tous deux employé des objets familiers pour explorer la psyché et l'étrangeté de la vie quotidienne. En isolant la chaussure et en la recouvrant de motifs répétitifs, Kusama dépouille l'objet de son utilité et le réinvente comme symbole d'identité, de fantasme et de projection psychologique. Ces qualités surréalistes font écho à son vécu personnel, marqué par la maladie mentale, l'obsession et la féminité, révélant ainsi comment la mode peut devenir un outil de métamorphose pour réinventer le moi et déformer le familier.