Q : Si vous pouviez posséder n'importe quelle œuvre d'art au monde, laquelle choisiriez-vous et pour quelle raison ?
Tout dépend vraiment de mon humeur. À l'approche de la foire, je cite généralement une œuvre comme « Le Cri ». Cependant, l'une des pièces auxquelles je reviens constamment est « Mornington Crescent - Summer Morning » de Frank Auerbach. Originaire du nord de Londres, j'ai toujours eu une affection particulière pour la lumière matinale sur Camden. Je suis convaincu que posséder cette œuvre chez moi serait une source de bonheur permanent.
Q : Quelle a été la première œuvre que vous avez aimée ?
Plus jeune, alors que j'étais quelque peu sceptique vis-à-vis de l'art contemporain, je me souviens m'être rendu dans la salle Rothko à la Tate et avoir ressenti une émotion intense face à ces œuvres. Elles possèdent une telle profondeur. N'étant pas issu d'un milieu artistique, je faisais assurément partie de ceux qui n'y voyaient que des aplats de couleur sur un mur. Mais lorsque l'on s'assoit devant elles, elles invitent véritablement à la réflexion ; je considère encore aujourd'hui que ce sont là les premières œuvres qui m'ont conduit à reconsidérer mon rapport à l'art ainsi que mon lien émotionnel avec celui-ci.
Q : Si vous organisiez un dîner réunissant trois artistes, vivants ou défunts, qui choisiriez-vous ?
Je pense qu'Auerbach devrait être présent. J'apprécie également beaucoup David Hockney. Ce serait un invité formidable, ne serait-ce que pour son énergie malicieuse et sympathique. Enfin, je pense que Lubiana Himid serait une artiste contemporaine des plus intéressantes à recevoir.
Q : Quelle œuvre d'art aimeriez-vous pouvoir découvrir pour la première fois à nouveau ?
Je ne saurais citer une œuvre en particulier, mais il y a quelque chose d'unique à entrer dans une église romaine et à y découvrir un Caravage. Faire l'expérience de l'art dans de tels espaces change radicalement notre perception. J'ai visité Rome en famille durant ma vingtaine, et je me souviens encore de ma mère insistant sur l'importance de ces visites. Avec le recul et une connaissance accrue des impératifs de conservation et de présentation des œuvres, j'aborderai ces lieux avec une maturité nouvelle.
Q : Selon vous, de quels artistes parlerons-nous encore dans cent ans ?
Il est évident que Frank doit y figurer, et depuis sa disparition l'année dernière, son travail fait l'objet d'une véritable réévaluation. Francis Bacon occupe également une place prépondérante dans mon esprit en ce moment, car nous mettons ses œuvres à l'honneur dans l'aile Sainsbury, dès l'entrée de la foire.
Q : Quelle est votre galerie, musée ou institution culturelle de prédilection ?
Le Horniman Museum possède un charme indéniable, doublé d'une collection exceptionnelle. Je citerais également la South London Gallery car, pour une galerie située en dehors du centre de Londres, leur programmation d'œuvres repousse véritablement les limites et ils soutiennent avec ferveur les artistes émergents.
Q : Que lisez-vous ou écoutez-vous en ce moment ?
J'arrive très tard, mais je viens tout juste de commencer la lecture de Yellow Face. C'est un livre excellent, empreint d'un humour noir. J'ai également entamé la lecture d'Agatha Christie durant la période de Noël ; Le Meurtre de Roger Ackroyd constitue une excellente porte d'entrée et propose un dénouement magistral. J'apprécie particulièrement les récits captivants qui permettent de s'évader totalement.
Q : Si vous aviez la possibilité d'échanger votre vie avec celle d'un artiste pour une journée, qui choisiriez-vous et à quelle époque ?
J'aurais aimé être Tracey Emin lorsqu'elle a dévoilé « My Bed ». Je trouve cette œuvre incroyablement audacieuse, surtout au regard des nombreuses critiques auxquelles elle a dû faire face. Il serait fascinant de se mettre à sa place un instant. Il est tout aussi remarquable que, lorsque l'intégralité de ses œuvres a été détruite par un incendie, elle ait refusé de les recréer. Son travail se définit par des moments uniques, impossibles à reproduire.








