Qu'est-ce que le marché de l'art ?
Marché primaire de l'art
Le marché primaire de l'art correspond à la vente d'œuvres qui n'ont jamais été mises sur le marché auparavant. Ce marché existe depuis des siècles, les artistes étant rémunérés pour leurs œuvres et leurs commandes directement par leurs collectionneurs et mécènes. Par essence, le marché primaire désigne les œuvres qui entrent sur le marché pour la toute première fois.
Marché secondaire de l'art
Le marché secondaire de l'art, en revanche, représente la revente d'œuvres ayant déjà fait l'objet d'au moins une transaction. Que cette vente s'effectue par l'intermédiaire de maisons de ventes aux enchères, de réseaux privés ou de plateformes de transaction en ligne, le marché secondaire traite des œuvres possédant un historique de vente.
Bien que le commerce d'œuvres d'art existe depuis longtemps, la notion d'art en tant qu'« investissement » est un phénomène relativement moderne. Aujourd'hui, le marché secondaire de l'art brasse des sommes colossales chaque mois, et les acheteurs sont de plus en plus attentifs au potentiel de valorisation de leurs œuvres.
Voici une brève histoire du marché de l'art tel que nous le connaissons et la manière dont nous en sommes arrivés là :
Années 1960 : Le Pop Art et la commercialisation des œuvres
L'avènement du Pop Art a révolutionné l'histoire de l'art elle-même. Roi du Pop Art, Andy Warhol gérait sa pratique artistique comme une entreprise, créant des œuvres inspirées par les produits commerciaux populaires de son époque et produisant des sérigraphies à la chaîne. Ce n'est pas un hasard si Warhol a baptisé son atelier de New York la « Factory » et y a employé des assistants pour l'aider à produire toujours plus d'œuvres commercialisables à des prix en constante augmentation. Comme Warhol le faisait lui-même remarquer : « Être bon en affaires est la forme d'art la plus fascinante. Gagner de l'argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus grand des arts. »
Dans les années 1960, le monde de l'art dans sa globalité a connu une monétisation sans précédent. Le galeriste et marchand d'art Leo Castelli, par exemple, représentait ses artistes à la manière d'un investisseur. En apportant soutien et financement à ses artistes, Leo Castelli a propulsé des personnalités comme Warhol vers une renommée internationale, stimulant la valorisation de leurs œuvres de leur vivant — un phénomène rarement atteint auparavant dans l'histoire de l'art.
Les années 1960 furent donc non seulement l'ère de l'artiste « blockbuster », mais aussi celle des ventes aux enchères records. À partir de cette décennie, l'art a été considéré comme un véritable « actif d'investissement ». Le lien unissant l'art au capitalisme a ainsi été inscrit à l'encre indélébile, pour ne plus jamais être effacé.

Années 1970 : la diversification des objets de collection
Une fois l’idée semée dans les années 1960, les investisseurs ont commencé à considérer les œuvres d’art comme un actif alternatif à exploiter. Tout au long des années 1970, le marché secondaire de l’art a connu une expansion considérable grâce à cette nouvelle compréhension du rapport entre l’art et l’économie. Le lien entre art et capital était tel qu’en 1971, Robert Projansky a rédigé « The Artist’s Contract », un document protégeant les droits de propriété et les redevances des artistes sur leurs œuvres.
En 1973, une vente aux enchères historique s’est tenue chez Parke-Bernet (aujourd’hui Sotheby’s), restée dans les mémoires sous le nom de « The Scull Auction ». Robert et Ethel Scull, collectionneurs prolifiques d’art contemporain durant les années 1960, décidèrent de vendre leur collection. Leurs 50 lots furent adjugés avec un taux de rendement élevé, témoignant de la valeur importante accordée à l’art contemporain et de la puissance croissante du marché de l’art lui-même. Cette vente événement est considérée comme l’un des moments fondateurs de l’histoire du marché de l’art moderne et a ouvert la voie au marché commercial tel que nous le connaissons aujourd’hui.
En 1974, le British Rail Pension Fund a commencé à investir dans les œuvres d’art, allouant 40 millions de livres sterling de ses fonds à cet investissement. Cette opération d’envergure fut menée par l’intermédiaire de Sotheby’s, qui offrit au British Rail des conseils « gratuits » sur ses acquisitions. La décision de cette entreprise publique d’investir dans l’art atteste de la confiance grandissante envers les œuvres d’art en tant qu’actif alternatif au cours de cette décennie.

Années 1980 : un essor des ventes à l'échelle mondiale
Les années 1980 furent une décennie marquée par les grandes entreprises et l'argent roi. À ce stade, le marché de l'art était en pleine effervescence. La soif de richesse et d'excès des investisseurs a propulsé les prix des œuvres toujours plus haut. Les acheteurs japonais, motivés par une croissance économique rapide qui a stimulé l'inflation dans l'immobilier, les cours boursiers et le secteur artistique, se sont tournés de plus en plus vers ce marché au cours de cette décennie. Pour la première fois dans l'histoire, le marché secondaire de l'art est devenu une entreprise mondiale, et la flambée des prix ne montrait aucun signe de ralentissement, malgré le krach boursier de 1987.
En 1986, une modification de la législation américaine a rendu moins attrayant pour les collectionneurs fortunés le don d'œuvres aux musées et aux galeries, catalysant ainsi une série de ventes majeures. La plus importante d'entre elles fut, sans conteste, la vente en 1987 de l'œuvre « Sunflowers » de Van Gogh chez Christie's. Comme l'a rapporté un correspondant du New York Times, la foule présente chez Christie's « ne put que retenir son souffle, applaudir et acclamer lorsque l'enchère initiale de 8 millions de dollars pour le van Gogh fut presque quintuplée par deux enchérisseurs téléphoniques anonymes en l'espace de 4 minutes et 20 secondes ». L'enchère gagnante fut remportée par la compagnie d'assurance japonaise Yasuda, qui a acquis le tableau pour la somme record de 39,9 millions de dollars. Cette vente exceptionnelle a établi un record d'adjudication et a instauré un nouveau précédent, non seulement pour l'envolée des prix des œuvres, mais aussi pour l'attente d'un véritable spectacle lors des ventes aux enchères.

Années 1990 : le règne de l'art contemporain
Tout au long des années 1990, les ventes aux enchères ont poursuivi leur essor à mesure que les prix des œuvres s'envolaient. Ce sensationnalisme sur le marché de l'art a été exacerbé par l'émergence de l'art contemporain, en particulier celui des Young British Artists (YBAs). Des expositions d'envergure consacrées à des figures telles que Damien Hirst et Tracey Emin ont été promues par le célèbre Charles Saatchi. Le mécénat de Saatchi auprès des YBAs signifiait que ces derniers n'étaient plus seulement marketés en tant qu'artistes, mais comme des opportunités pour les collectionneurs de réaliser rapidement des profits substantiels.
Années 2000 : essor, krach et résilience du marché de l'art
L'essor financier des années 2000 a de nouveau stimulé une croissance exponentielle du marché de l'art. Même après le krach de 2008, période durant laquelle l'action de Sotheby's a chuté de 83 %, le marché de l'art a su rebondir et faire preuve de résilience.
Parmi les facteurs expliquant cette résilience, figure l'ouverture de la Tate Modern en 2000, qui a renforcé l'intérêt mondial pour l'art contemporain. Des artistes comme Hirst sont devenus des figures incontournables, capables de vendre leurs œuvres à des prix élevés et avec une relative facilité malgré le ralentissement économique. Par ailleurs, l'avènement d'Internet a ouvert la voie aux ventes d'œuvres en ligne. Ce facteur constitue le changement le plus significatif de l'histoire du marché de l'art à notre époque. Avec des entreprises comme eBay, il est devenu plus simple et infiniment plus accessible d'acquérir des œuvres, une évolution à laquelle les maisons de ventes aux enchères ont rapidement réagi.

Années 2010 : L'émergence des marchés de l'art en ligne
Grâce au développement rapide des technologies, le marché secondaire de l'art a durablement trouvé sa place sur Internet au cours des années 2010. Non seulement les maisons de ventes aux enchères ont commencé à proposer des vacations en ligne en direct, mais l'accès à l'information et aux données de prix est devenu essentiel pour les plateformes du marché de l'art. Ce qui était traditionnellement perçu comme un univers inaccessible pour beaucoup est soudainement devenu infiniment plus ouvert.
D'un simple clic, il est désormais possible de consulter les résultats historiques de ventes d'œuvres d'art, des rapports d'analyse et même d'acquérir une œuvre. Le marché de l'art s'est ainsi ouvert à une nouvelle génération de collectionneurs, plus exigeante avant la vente et en quête constante d'informations et d'accessibilité.
Années 2020 : Vers une ère de transparence et d'accessibilité du marché de l'art
À l'aube de cette décennie, le marché de l'art s'apprête à se transformer encore davantage. Rien qu'au cours des cinq dernières années, nous avons été témoins de changements sociaux, politiques et économiques profonds qui façonneront l'avenir. La pandémie de COVID-19 a poussé le monde à investir les espaces numériques plus que jamais auparavant, une tendance qui continue d'influencer le monde de l'art et son marché à ce jour. Cette nouvelle ère de collection en ligne a rendu nécessaire l'émergence d'acteurs tels que MyArtBroker, qui offrent transparence, accessibilité et, par-dessus tout, de l'information.
De même, l'univers des cryptomonnaies et des NFT demeure incertain, mais il ne peut être ignoré. Avec des maisons comme Sotheby's et Christie's consacrant des ventes entières aux NFT, le métavers représente une nouvelle frontière que le marché de l'art se doit d'explorer.
Une chose est toutefois certaine : le marché de l'art ne montre aucun signe de recul, et le marché de l'art en ligne n'en est qu'à ses débuts.









