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76 x 102cm, Édition de 50, Screenprint
La sérigraphie d'Andy Warhol, Skull (F. & S. II.160), fait partie d'une série de quatre sérigraphies réalisées en 1976. Basée sur une photographie prise par l'assistant de Warhol, Robbie Cutrone, cette estampe a été produite en superposant des blocs de couleurs vives sur un croquis dessiné à la main d'un crâne humain. Cette œuvre se distingue par le fait qu'elle marque une rupture avec le style photographique pour lequel Warhol est célèbre ; il s'est plutôt tourné vers des lignes esquissées et organiques ainsi que des aplats de couleur pour explorer les tensions entre réalisme et abstraction.
À l'instar de sa série emblématique Flowers (1964), Warhol adopte une approche ludique du genre pictural de la nature morte, le sujet du crâne faisant spécifiquement référence aux natures mortes de type « vanité ». Les peintures de vanité, dans l'histoire de l'art, rappelaient la mortalité humaine et la fragilité de la vie. Ce sujet macabre marque un tournant dans l'œuvre de Warhol, souvent lié à sa propre quasi-mort lors de sa fusillade en 1968.
Les blocs de couleur, majoritairement vert foncé, gris et noir, évoquent le sujet funèbre, tandis que la touche de bleu vif confère encore à l'estampe un caractère dérangeant mais saisissant. Contrairement à ses portraits photographiques antérieurs de personnalités célèbres, la série Skulls renverse cette approche en présentant un sujet dépourvu de toute individualité. À ce propos, son assistant Cutrone a un jour commenté que peindre un crâne « revient à peindre le portrait de tout le monde dans le monde ». Par sa répétition obsessionnelle du sujet dans l'ensemble de son corpus, Warhol désensibilise et amplifie simultanément la condition humaine omniprésente de la mortalité.