Ces estampes, d'après le tableau de Francis Bacon de 1981 « Triptych Inspired By The Oresteia Of Aeschylus », fusionnent la fascination de l'artiste pour la tragédie grecque avec le drame du suicide de George Dyer. L'Orestie est une trilogie du tragique grec Eschyle, explorant la violence parentale, le traumatisme et la mort — autant de thèmes qui hantent l'œuvre de Bacon.
| Œuvre | Date de vente | Maison de ventes | Retour vendeur | Prix marteau | Prix payé par l'acheteur |
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![]() Oresteia Of Aeschylus (centre panel) Francis Bacon Unsigned Print | 14 Nov 2013 | Swann Galleries | £1,403 | £1,650 | £2,200 |
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Cette collection d'estampes de l'artiste d'origine irlandaise Francis Bacon tire son nom d'une peinture de 1981 intitulée Triptych Inspired By The Oresteia Of Aeschylus. Cet exemple marquant du style visuel singulier de Bacon a été produit après les « triptyques noirs » de l'artiste – des peintures créées à la suite du suicide de la muse et ancien amant de Bacon, George Dyer, en 1971. Puisant à la fois dans la tragédie grecque antique du Ve siècle av. J.-C. et dans le passé tumultueux de Bacon, cette œuvre en trois parties se situe à l'intersection de la peinture, de l'intertextualité littéraire et du témoignage personnel. Elle peut être lue comme une transcription visuelle de L'Orestie – une trilogie de pièces du « père de la tragédie », Eschyle – et comme une exploration de la conscience de l'artiste, en particulier des séquelles traumatiques de son enfance violente.
Second exemple d'une œuvre majeure de Bacon puisant dans l'antiquité grecque, la peinture rejoint Three Studies For Figures At The Base Of A Crucifixion dans sa référence visuelle appuyée à L'Orestie : trois tragédies qui relatent des récits particulièrement violents de vengeance et de mort. Dans l'estampe Oresteia Of Aeschylus (centre panel), nous assistons à un rendu du corps typiquement « baconien » ; tour à tour humain et inhumain, une figure accroupie et mutilée se tient devant l'un des dispositifs de cadrage signature de l'artiste – un socle géométrique – exposant sa colonne vertébrale au spectateur. Dans l'estampe Oresteia Of Aeschylus (right panel), le panneau droit du triptyque est exposé dans les moindres détails ; une figure fantomatique est maintenue en suspension dans une « cage » tridimensionnelle, tracée par une série de lignes épurées de peinture noire. Rappelant la substance fluide et diffuse du corps humain dans les peintures antérieures de Bacon, notamment dans Triptych August 1972 (1972), elle est rejointe par une forme tout aussi inhumaine dans le panneau gauche. Ensemble, ces figures spectrales signalent la destruction progressive du moi. Comme une grande partie de l'œuvre de Bacon, le triptyque évite tout incident narratif ; toutefois, des indices visuels évoquant les origines littéraires des pièces sont présents. Par exemple, au premier acte de la première tragédie, Clytemnestre étend des tapis rouges pour son mari, Agamemnon, à son retour de Troie. Ces mêmes étoffes sont évoquées dans le panneau central, prenant la forme d'un dispositif de cadrage pourpre.
Michael Peppiatt, biographe de Bacon, soutient que les figures visibles dans le triptyque sont des incarnations corporelles du malaise profond de la conscience de Bacon ; il y voit également, selon Peppiatt, le sentiment d'un traumatisme profond infligé à Bacon par son père violent, qui l'avait rejeté en raison de son homosexualité. Bacon remarquait souvent que les « Furies » – un trio de déesses parfois appelées les Euménides, qui agissent comme les instruments de la justice – lui « rendaient visite » au quotidien. Personnages figurant dans la dernière partie de L'Orestie, leur représentation suggère qu'au-delà des sentiments de culpabilité que Bacon a longtemps nourris concernant la mort de Dyer, il restait en proie aux mauvais souvenirs de son enfance, même à ce stade avancé de sa carrière.