
Flow (P4)
© Gerhard Richter 2014
Gerhard Richter
142 œuvres
Gerhard Richter, l'un des artistes les plus célèbres issus de l'Allemagne d'après-guerre, né le 9 février 1932, est une figure majeure de l'art contemporain. Son œuvre s'étend de la peinture abstraite à la peinture photoréaliste, en passant par la photographie et l'art installation. Considérées comme essentielles dans l'art contemporain allemand, les œuvres de Gerhard Richter ont atteint des prix records aux enchères, soulignant son impact monumental sur le monde de l'art.
Abstraktes Bild, produite en 1990, se distingue dans la carrière de Richter, soulignant une période d'acclamation significative. Elle met en lumière sa technique à la raclette, insistant sur le processus de création par soustraction, ce qui donne des toiles aux traînées de couleur dynamiques. Cette série, issue d'une année cruciale, illustre l'impact de Richter sur l'art abstrait.
18 octobre 1977 est une série de Richter qui explore le récit complexe de la fin tragique du groupe Baader-Meinhof dans une prison de Stuttgart en 1977. Richter utilise cette série pour s'interroger sur la capacité de la peinture à représenter la réalité, employant des images floues pour saisir des moments de l'histoire du groupe. Dominées par des nuances de gris, ces œuvres traduisent le détachement émotionnel des images médiatiques, offrant une réflexion sombre sur les événements et leur représentation. Produite 11 ans après les faits, cette série demeure un examen provocateur de la mémoire et des médias.
Les Peintures Cage de Richter, une série de six œuvres abstraites de grand format réalisées en 2006, présentent un jeu dynamique de textures et de superpositions. Influencé par John Cage, l'admiration de Richter pour la musique du compositeur se reflète dans les surfaces complexes des peintures, où des couches de couleur sont à la fois dissimulées et révélées par un grattage et une application méticuleux. Chaque œuvre saisit de manière unique l'essence du hasard et de la délibération, incarnant la manipulation sophistiquée de la peinture par Richter.
Dans Betty (1991), Richter saisit un moment tendre de sa fille à onze ans, drapée dans un peignoir fleuri rouge et regardant l'une de ses peintures, soulignant ainsi le passage de l'enfance à l'âge adulte. Cette représentation, basée sur une photographie, reflète un mélange de présence et d'absence, engageant le spectateur dans un dialogue émotionnel complexe. L'œuvre constitue une pièce maîtresse dans l'exploration par Richter de la peinture et de la photographie, estompant les distinctions entre les deux médiums pour créer une œuvre qui encapsule la nature éphémère de l'instant qu'elle capture.
Engadin est un livre publié à l'occasion d'une exposition qui présente le lien de Richter avec la région de l'Engadin dans les Swiss Alps, un paysage qui a profondément influencé son travail depuis sa première visite à la fin des années 1980. Organisée par Dieter Schwarz, l'exposition et l'essai qui l'accompagne explorent comment le paysage alpin a marqué la démarche artistique de Richter. L'exposition s'est déroulée dans trois lieux, notamment la Nietzsche-Haus et Hauser & Wirth St. Moritz, offrant un aperçu complet de l'interaction de Richter avec le monde naturel.
Du 17 octobre 2025 au 2 mars 2026, la Fondation Louis Vuitton accueille à Paris une rétrospective majeure de Gerhard Richter, coproduite par Nicholas Serota et Dieter Schwarz. Organisée de manière chronologique, cette rétrospective couvre six décennies et comprend des œuvres marquantes telles que Onkel Rudi, Tante Marianne, et les récentes Séries Birkenau. C'est à ce jour la présentation la plus complète des œuvres de Richter en France.
Les œuvres de Richter réalisées avec du verre, comme House of Cards (5 Panes), créée en 2019, illustrent son exploration continue de la perception et de la réalité. Ces pièces, y compris des travaux plus anciens tels que 4 Panes of Glass datant de 1967, jouent avec les notions de réflectivité et de transparence, engageant les spectateurs dans une interaction dynamique avec l'œuvre et son environnement.
Haggadah (P2) est une estampe en édition limitée de 2014 réalisée par Richter, constituant la seconde partie de sa peinture de 2006 portant le nom du texte narratif de la Pâque juive. Cette œuvre invite les spectateurs dans un univers d'incertitude et de mystère, les incitant à examiner de près au-delà de sa surface pour découvrir la profondeur cachée dans ses couches complexes et changeantes. L'œuvre trouve un équilibre entre le tangible, l'abstrait et le figuratif, nous invitant à explorer les significations voilées dans la diversité de ses textures et de ses formes.
Richter et Isa Genzken, deux figures marquantes de l'art allemand, furent mariés entre 1982 et 1993. Leur collaboration sur Tri-Star en 1981, une œuvre unique capturant les sons d'un moteur d'avion sur un disque phonographique, illustre leur engagement commun envers l'art conceptuel. Malgré leurs divergences artistiques individuelles, Tri-Star représente une entreprise commune visant à créer des œuvres énigmatiques mais captivantes.
Après avoir déménagé à Düsseldorf en 1961, Richter a eu l'occasion d'étudier auprès de Joseph Beuys, l'une des figures les plus influentes de l'art de l'après-guerre. Cette expérience à la Kunstakademie Düsseldorf a placé Richter au cœur d'un environnement artistique innovant et stimulant, façonnant de manière significative son approche de l'art.
« Kerze » (Bougie), une série peinte par Richter entre 1982 et 1983, témoigne de sa fascination pour le clair-obscur, capturant la lueur éphémère d'une flamme de bougie. Cette série, qui incarne un mélange de photoréalisme et d'abstraction, marque une exploration contemplative du temps et de la mémoire. La technique de Richter, associant une mise au point nette à un flou subtil, invite le spectateur dans un espace méditatif, faisant le pont entre le symbolisme traditionnel et une exécution contemporaine.
Le paysage a constitué un genre majeur tout au long de la carrière de Richter, débutant notamment avec sa série de la Corse (1968-1969) basée sur des photographies personnelles. Cette orientation s'est étendue à la campagne allemande, capturant des paysages destinés à être transformés plus tard en peintures, comme en témoigne la remarquable Grünes Feld de 1969. Les paysages de Richter explorent au-delà de la simple beauté esthétique, sondant l'essence de ce que signifie représenter les paysages allemands à l'ère contemporaine, en tenant particulièrement compte des contextes historiques et du passage de l'inspiration photographique à l'expression picturale.
Les miroirs, traditionnellement importants dans l'art occidental depuis la Renaissance et utilisés par les modernistes pour la réflexion sur soi, ont trouvé une nouvelle expression dans les années 1960 à travers la sculpture minimaliste américaine, amplifiant la conscience de soi du spectateur. L'engagement de Richter avec les peintures-miroirs, en particulier ses miroirs peints au revers, propose une critique moderne du monochrome de l'avant-garde, fusionnant la peinture avec la surface réfléchissante pour créer un dialogue visuel complexe entre l'œuvre et le spectateur.
La série de peintures « Birkenau » de Richter, datant de 2014, confronte les horreurs de l'Holocauste à travers des tableaux abstraits inspirés de photographies clandestines prises à Auschwitz. Né à Dresde en 1932 et témoin de la sombre histoire de l'Allemagne, Richter a souvent abordé les thèmes de la mémoire et du traumatisme collectif. « Birkenau » marque un engagement direct avec ce passé, incarnant sa lutte de toute une vie contre les atrocités historiques dans son art.
Onkel Rudi (1965) de Richter est une peinture à l'huile en niveaux de gris qui ressemble à une photographie en noir et blanc, représentant l'oncle de Richter en uniforme militaire. Cette représentation floue, à la fois intime et étrange, interroge la fiabilité de la mémoire photographique et de la représentation historique. À travers ce portrait qui évoque une photo d'album de famille, Richter explore les thèmes de la disparition, de la mémoire et des couches complexes de la perte personnelle et nationale.
Gerhard Richter: Panorama, un livre écrit par Sir Nicholas Serota, propose l'exploration la plus complète de la carrière de Richter, couvrant ses débuts jusqu'aux œuvres plus récentes datant de 2015. Ce texte exhaustif contient plus de 300 illustrations et les analyses de critiques internationaux. Il s'impose comme la référence incontournable sur l'impact de Richter sur l'art contemporain.
La lithographie de Richter de 1966, Queen Elizabeth II, illustre son engagement dans le portrait, juxtaposant des figures d'autorité avec des éléments du Pop Art. Cette période marque l'exploration par Richter des techniques de gravure photographique pour obtenir une apparence de « non-art », soulignant la diffusion massive des images. Son travail de cette époque, mêlant figuration et abstraction, reflète une dimension politique et l'influence de l'Art Conceptuel, démontrant son approche complexe de la représentation et de la perception.
La carrière de Richter est emblématique de l'expérimentation radicale, transcendant les mouvements artistiques conventionnels pour explorer le vaste spectre de la peinture. Ses œuvres, des portraits photoréalistes aux pièces abstraites, remettent en question les récits traditionnels du rôle de la peinture dans l'art, notamment sur fond de l'Europe d'après-guerre et des mutations conceptuelles des années 1960. La production diversifiée de Richter, nourrie par ses expériences en Allemagne de l'Est et de l'Ouest, revitalise le médium, affirmant la primauté de la peinture au-delà de toute contrainte stylistique ou thématique.
Sabine Moritz-Richter, artiste à part entière, est mariée à Richter depuis 1995, après avoir été son étudiante à la Kunstakademie Düsseldorf. Malgré les défis liés à son rôle d'étudiante, de muse, d'épouse et de mère dans la vie de Richter, Moritz est restée dévouée à sa propre carrière artistique. Un portrait de Moritz réalisé par Richter en 1997, intitulé Koph (croquis), a rencontré un succès notable, se vendant 2,33 millions de dollars lors d'une vente aux enchères chez Christie's en 2010.
La peinture de Richter datant de 2005, intitulée September, recadre l'imagerie photographique des attentats du 11 septembre à travers un processus d'occultation, offrant une représentation intime et floue. Cette approche supprime la clarté immédiate des images des médias de masse, poussant les spectateurs à s'engager de manière plus critique avec les couches de mémoire et de traumatisme liées à cet événement. La méthode de Richter, consistant à altérer sa représentation initialement réaliste, souligne une exploration nuancée de la mémoire collective et de la manière dont les événements catastrophiques sont médiatisés et remémorés.
La station de métro König-Heinrich-Platz à Duisburg abrite une fresque en émail de Richter, commandée en 1980. Cette installation d'art public souligne l'impact profond de Richter, intégrant ses œuvres dans la vie quotidienne des usagers des transports.
Vesuv témoigne de la capacité unique de Richter à marier la peinture de paysage traditionnelle avec l'abstraction moderne. La série de 1976, centrée sur le Vésuve, constitue un moment charnière dans l'exploration du genre paysager par Richter, faisant le lien entre ses photo-peintures et ses œuvres abstraites. Cette approche souligne son intérêt pour la photographie comme moyen d'ajouter de la profondeur et de l'authenticité à ses paysages, créant ainsi un dialogue entre le tangible et l'intangible.
L'œuvre de Richter, intitulée Fenêtre de la Cathédrale, pour la Cologne Cathedral, dévoilée en 2007, comporte environ 11 500 carreaux de verre répartis en 72 couleurs. Elle illustre un mélange d'arrangements aléatoires et de choix délibérés visant à compléter l'écrin architectural de la verrière. Inspirée de son œuvre 4096 Couleurs datant de 1974, cette réalisation témoigne de l'approche novatrice de Richter en matière d'art. Corinna Belz a réalisé un documentaire sur ce projet, intitulé Das Kölner Domfenster, qui détaille l'élaboration de la verrière, soulignant le processus créatif et collaboratif approfondi qui se cache derrière.
En 2013, X Magazine a consacré un article à Richter, présentant une affiche réversible de ses œuvres et analysant ses techniques révolutionnaires. Cet article mettait en lumière l'exploration par Richter de la photo-peinture, de la peinture à aplats de couleurs et de l'Abstract Painting, démontrant ainsi sa capacité singulière à naviguer entre l'abstraction et l'incarnation.
Le tableau de Richter de 1982, Gelbgrün, constitue une œuvre monumentale dans sa transition vers la peinture abstraite, marquant The Beginning de sa série significative des Abstrakte Bilder. S'étendant sur plus de quatre mètres, cette pièce se distingue par son usage expansif du jaune et du vert, créant un paysage abstrait saisissant qui remet en question les notions traditionnelles de la peinture. Exposée lors de rétrospectives majeures, notamment à la Tate Modern et au Centre Pompidou, « Gelbgrün » incarne l'exploration par Richter de l'abstrait comme moyen de saisir l'ineffable, mêlant techniques picturales et interrogation conceptuelle.
David Zwirner présentera une nouvelle exposition de Gerhard Richter dans sa galerie parisienne, à partir du 20 octobre 2025. Ce sera la troisième exposition de Gerhard Richter avec la galerie depuis qu'elle assure sa représentation en 2023, après celles de New York (2023) et de Londres (2024). Ce calendrier coïncide avec une rétrospective majeure de Gerhard Richter à la Fondation Louis Vuitton (du 17 octobre 2025 au 02 mars 2026), une exposition de plus de 250 œuvres couvrant six décennies.