L’œuvre « Hollywood Africans » de Jean-Michel Basquiat déconstruit les stéréotypes sur la communauté noire à Hollywood. En plus de souligner la tendance hollywoodienne à privilégier un typage racialiste et réducteur, Basquiat fait allusion à de véritables stars noires qui, désireuses de se faire un nom, ont historiquement été contraintes de se rendre complices de leur propre stéréotypage.
Les données de vente relatives à la série Hollywood Africans de Jean-Michel Basquiat varient en fonction des estampes. Si des œuvres marquantes ont été adjugées aux enchères jusqu'à 130 813 livres sterling, d'autres éditions de la série restent rares sur le marché ou n'ont pas encore fait l'objet de ventes publiques. Pour les exemplaires recensés, les prix de vente moyens oscillent entre 51 857 et 60 282 livres sterling, avec un taux de croissance annuel de 2,94 % selon les données disponibles. Les collectionneurs doivent noter l'écart de performance entre les éditions les plus exposées et celles plus confidentielles lorsqu'ils évaluent le potentiel de valorisation de cette série.
| Œuvre | Date de vente | Maison de ventes | Retour vendeur | Prix marteau | Prix payé par l'acheteur |
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Hollywood Africans In Front Of The Chinese Theatre With Footprints Of Movie Stars Jean-Michel Basquiat Unsigned Print | 16 Apr 2024 | Christie's New York | £42,500 | £50,000 | £70,000 |
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Dans Hollywood Africans In Front Of The Chinese Theatre With Footprints Of Movie Stars, Basquiat fait allusion aux stéréotypes entourant la condition noire dans le monde du divertissement hollywoodien, tout en les déconstruisant. Cette estampe représente Basquiat aux côtés de deux amis proches de l'artiste, Toxic et Rammellzee. Le trio se désignait lui-même sous le nom de « Hollywood Africans ».
L'un des visages a la bouche entièrement recouverte de texte, tandis que les deux autres sont représentés avec des bouches exagérément grandes, les dents serrées. L'image suggère des stars noires dépourvues de libre arbitre et d'une voix authentique dans le paysage culturel américain. Le biffage du texte souligne le thème de l'exclusion. Paradoxalement, l'obfuscation du texte suggère une excision tout en attirant l'attention sur les mots sous-jacents. Basquiat a d'ailleurs déclaré : « Je rature des mots pour que vous les voyiez davantage : le fait qu'ils soient occultés vous donne envie de les lire. »
L'accent mis sur les stéréotypes liés à la condition noire attire l'attention sur la représentation limitante des artistes noirs dans le divertissement américain. Comme le note Laurie A. Rodriguez, « l'artiste révèle la mécanique à l'œuvre derrière la construction de la figure de la célébrité noire américaine - une présence africaniste marchandisée, distillée et conditionnée pour la consommation des masses ».
Tant par son titre que par son sujet, cette estampe rappelle la peinture de l'artiste de 1983, Hollywood Africans. Dans cette œuvre, trois visages sont entourés d'inscriptions telles que « What is Bwana? », « Tobacco », « Gangsterism », qui font allusion à la caractérisation stéréotypée des personnages noirs dans le cinéma hollywoodien, sur un fond jaune, noir et bleu évoquant l'imaginaire populaire de Los Angeles, mélange évocateur d'espace urbain, de soleil et du bleu profond de l'océan Pacifique.
Hollywood Africans souligne à quel point la représentation des personnes noires au cinéma a été limitée à des stéréotypes réducteurs. La représentation de l'artiste aux côtés de ses contemporains et artistes hip-hop Toxic et Rammellzee (dont le single « Beat-Bop » fut produit par Basquiat) les place comme étant soumis à la même palette limitante dans laquelle les images de la célébrité noire ont historiquement été puisées dans l'imaginaire américain. La statuette et la date de 1940 apposées à ses côtés peuvent être interprétées comme une allusion à Hattie McDaniel, devenue la première artiste noire à remporter un Academy Award pour son rôle dans Autant en emporte le vent ; une performance qui fut controversée, l'actrice étant accusée d'être complice de la perpétuation de stéréotypes racistes.