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Veille du marché : Rapport de l'éditeur de marché, novembre 2024

Le mois de novembre 2024 s'est achevé, laissant une empreinte notable sur le calendrier du marché de l'art. Alors que la poussière retombe, nous vous proposons une rétrospective des événements marquants et des analyses pour conclure ce mois. Des débats autour de l'imagerie iconique aux tables rondes en direct, en passant par les ventes très attendues de novembre, nous avons compilé les chiffres définitifs et identifié les tendances. Bien que les résultats aient été, comme prévu, en léger repli, ce mois dynamique sur le marché de l'art a tout de même révélé des tendances positives et des faits saillants dignes d'intérêt.

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Célébrités, mode et images iconiques

Ce mois-ci, nous avons approfondi la notion d'« iconique » sur le marché de l'art, en examinant sa signification réelle et son croisement avec les tendances culturelles plus larges dans le milieu artistique. Pour explorer ce thème, nous avons organisé une table ronde en direct avec Iconic Images, réunissant nos collaboratrices Charlotte Stewart et Jess Bromovsky, aux côtés d'éminents spécialistes de la photographie et de la mode. La discussion a naturellement mis en lumière la célébrité durable de Marilyn Monroe, tout en élargissant le débat aux intersections évolutives entre célébrité, image de marque et identité culturelle.

De Harry Styles, Rihanna, Kim Kardashian et Taylor Swift à Mick Jagger, Marilyn Monroe, Kate Moss et Andy Warhol, les échanges ont fait le pont entre les figures contemporaines et celles des générations précédentes. La discussion a permis d'explorer la manière dont la définition d'« iconique » évolue parallèlement aux changements de narration culturelle. Loin de s'estomper, les figures iconiques du passé sont réimaginées à travers de nouvelles perspectives dans l'art, le branding et les plateformes numériques. Il s'agit d'un sujet qui nous passionne particulièrement, car il reflète le fonctionnement et l'éthique du marché des estampes de MyArtBroker. Nous nous efforçons de combler le fossé entre la pertinence culturelle intemporelle et l'accessibilité sur le marché de l'art, en rendant les conversations et les œuvres iconiques accessibles au sein d'un marché ouvert et inclusif pour un public mondial.

Vous pouvez retrouver l'intégralité de la table ronde et les analyses dans notre dernier compte-rendu.

Comment vendre des estampes sur le marché actuel

Au-delà de l’examen de la notion d’« iconique », notre attention s’est portée sur l’évolution du rôle des vendeurs et sur la trajectoire future du marché de l’art. Cette réflexion de fin d’année découle d’une analyse approfondie de conférences et de rapports récents sur le marché de l’art, traditionnellement publiés au second semestre. Une conclusion majeure s’impose : un transfert de richesse est en cours et une nouvelle génération d’acquéreurs fait son entrée sur le marché. Le défi consiste désormais à susciter l’intérêt de ces nouveaux acheteurs et à les initier à l’investissement en œuvres d’art avec une mentalité de vendeur.

Conscients de cette mutation, nous nous sommes consacrés à la création d’un nouveau rapport de marché : « How To Sell Prints In The Current Market ». Ce guide complet, axé sur l’analyse, dépasse les simples chiffres pour offrir tout ce dont les vendeurs ont besoin pour naviguer sur le marché actuel de manière stratégique et assurée. Que vous soyez novice sur le marché, hésitant à vendre ou détenteur d’œuvres en attente de conditions plus favorables, ce rapport vous est destiné. Il est conçu pour fournir aux vendeurs des perspectives et des stratégies adaptées aux dynamiques actuelles du marché. Accédez à ce nouveau rapport et à bien d’autres pour rester informé sur le marché de l’art en 2024.

Ventes aux enchères de novembre 2024
Ventes aux enchères de novembre 2024 (hors ventes impressionnistes et œuvres sur papier) © MyArtBroker

Ce que nous ont appris les ventes aux enchères de novembre 2024

Les ventes aux enchères de novembre atteignent 1 milliard de dollars

Les ventes aux enchères de novembre constituent le point d'orgue de mois d'attente et d'effervescence dans le monde de l'art. Cette année, les attentes étaient tempérées, les prévisions suggérant que les résultats seraient en deçà des années précédentes en raison de la reprise économique en cours. Les chiffres ont effectivement reflété cette prudence. Voici un aperçu rapide des ventes de novembre, se concentrant sur une semaine d'activité chez Christie’s, Sotheby’s et Phillips à New York. (Note : ces chiffres excluent les ventes d'œuvres impressionnistes et sur papier réalisées par les maisons de ventes.)

  1. 14 ventes aux enchères au total
  2. 1 milliard de dollars en prix marteau cumulés pour les trois maisons de ventes
  3. -4 %, le taux de recul du total des prix marteau par rapport à l'estimation basse globale combinée
  4. 1 109 œuvres vendues
  5. 39 % de baisse du total des prix marteau par rapport à 2023

Dans l'ensemble, ces chiffres ne sont pas désastreux : sans battre de records, ils demeurent solides. Les maisons de ventes ont atteint un taux de vente respectable de 81 %, proche du taux de 83 % enregistré en 2023, malgré la présentation de 173 lots de moins cette année. De plus, le pourcentage d'œuvres invendues et celui des œuvres adjugées en dessous de l'estimation basse ont chacun reculé de 3 %, ce qui indique que les maisons de ventes et les vendeurs ont soigneusement sélectionné leurs lots et fixé des attentes de prix plus réalistes, permettant à un plus grand nombre d'œuvres d'atteindre ou de dépasser les prix anticipés.

Lorsqu'on compare la performance de chaque maison de ventes, on observe une baisse notable des prix marteau par rapport à 2023, bien que ce résultat fût attendu. Sotheby’s a enregistré une baisse de 50 %, Christie’s de 19 % et Phillips de 55 %. Malgré ces reculs marqués, Christie’s s'est imposée comme la maison la plus performante, atteignant un taux de vente impressionnant de 85 % — soit 5 % de plus que Sotheby’s — et totalisant 552,7 millions de dollars de prix marteau. Ce montant était 20 % plus élevé que celui de Sotheby’s et huit fois supérieur au total de Phillips.

Plus tôt dans l'année, Christie’s a dû faire face à des difficultés, notamment l'annulation de ses ventes de juin à Londres et une cyberattaque lors de ses ventes de mai. Cependant, la maison de ventes a fait preuve de résilience en novembre, surpassant Sotheby’s et adjugeant l'œuvre la plus chère du mois — et de l'année — avec « L'Empire des lumières » (1954) de René Magritte, vendue 121 millions de dollars (frais inclus) dans le cadre de la collection Mica Ertegun.

Tendances du marché des ventes aux enchères en novembre

Bien que les chiffres puissent refléter une situation actuelle du marché en deçà des attentes, nous soulignons constamment que les données seules ne disent pas tout. Les rapports de ventes aux enchères provenant de diverses sources, y compris les nôtres et d'autres médias spécialisés, ont révélé que les ventes de novembre étaient véritablement empreintes d'énergie et d'effervescence. The Art Newspaper, par exemple, a noté qu'en dépit des résultats plus faibles chez Phillips, la salle des ventes était comble et les participants particulièrement impliqués.

Du point de vue des garanties, seule une vente - la collection Mica Ertegun chez Christie’s - était sécurisée à 100 %. Pourtant, même avec cette vente entièrement garantie, la majorité des lots a non seulement atteint, mais dépassé les estimations, témoignant d'une demande soutenue et d'enchères actives.

Les natures mortes de David Hockney

Au cours de ces ventes, les résultats obtenus par David Hockney se sont distingués, illustrant une fascinante diversité d’œuvres issues de son corpus. Au-delà de ses célèbres paysages du Yorkshire, les vacations de novembre ont mis en lumière deux natures mortes exceptionnelles : « Four Empty Vases » (1996) (proposée lors de la Christie’s 21st Century Sale) et « Still Life on a Glass Table » (provenant de la Sydell Miller Collection). À l’instar de plusieurs autres créations de Hockney présentes lors de ces ventes, ces deux œuvres arrivaient sur le marché avec une provenance inédite.

Les dessins du métro et le masque africain de Keith Haring

Keith Haring a exercé une influence notable dans toutes les maisons de ventes aux enchères en novembre dernier. Un rare masque africain a figuré en bonne place lors de la Christie’s 21st Century Sale, tandis qu’une toile de 1982 s’est imposée comme l’une des pièces maîtresses chez Phillips. Lors de la Sotheby’s Contemporary Day Sale, les iconiques dessins du métro de Haring ont occupé le devant de la scène. Bien que l’ensemble de ces dessins ait été assorti de garanties, ils ont totalisé la somme impressionnante de 9,2 millions de dollars (frais inclus).

Roy Lichtenstein établit un record dans la catégorie des estampes et multiples avec ses nus

Roy Lichtenstein a dominé la catégorie des estampes et multiples en novembre dernier grâce à des ventes exceptionnelles qui ont battu des records, soulignant l'importance croissante des estampes en tant que médium. En 2023, la série des Nudes de Roy Lichtenstein a enchaîné les records en salle des ventes. Si ces estampes ont été moins présentes cette année, les ventes de novembre ont démontré la pérennité de leur valeur. Issue de la collection Dorothy and Roy Lichtenstein, l'œuvre Nude With Blue Hair a figuré lors de la Sotheby’s Evening Sale, atteignant 960 000 dollars (frais inclus). Toutefois, ce sont les estampes de Roy Lichtenstein proposées lors de la vente de jour qui ont attiré tous les regards : Roommates et Nude With Yellow Pillow ont toutes deux dépassé le cap des 1,2 million de dollars, tandis que Water Lilly Pond With Reflections s'est hissée parmi les estampes les plus vendues en 2024.

Warhol a également enregistré une vente notable dans la catégorie des estampes et multiples. Plus tôt dans l'année, nous avons publié un rapport de marché mettant en lumière la demande croissante pour les séries complètes et épreuves d'artiste de Warhol, et nous devons admettre qu'il est toujours gratifiant de voir nos prévisions fondées sur les données se concrétiser sur le marché. La série Endangered Species de Warhol a établi un nouveau record pour une série complète, atteignant le prix le plus élevé jamais payé pour une estampe de Warhol en 2024.

Poursuivez votre lecture pour découvrir les estampes les plus vendues de Roy Lichtenstein et de Warhol sur le marché actuel.

« Standard Station » d'Ed Ruscha : l'une des œuvres les plus valorisées de 2024

Enfin, nous ne pouvions manquer de noter la présence relativement discrète de Jean-Michel Basquiat dans les ventes de cette année. Bien qu'il ait fait la une de la Christie's 21st Century Sale avec une œuvre adjugée 22 millions de dollars, le résultat final est resté en deçà de son estimation haute. Lors de cette série de ventes, il semble que Basquiat ait passé le flambeau à Ed Ruscha, qui s'est imposé comme une figure marquante, brillant aussi bien par ses originaux que par ses estampes sur l'ensemble des vacations. Ed Ruscha a décroché le deuxième lot le plus valorisé de l'année avec « Standard Station » (1964), vendu pour la somme impressionnante de 68,2 millions de dollars lors de la Christie's 20th Century Sale – un résultat surpassé uniquement par « L'empire des lumières » (1954) de Magritte à 121 millions de dollars (vente de la Christie's Mica Ertegun collection), mais dépassant les emblématiques « Nymphéas » (1914-1917) de Claude Monet (vente de la Sotheby's Sydell Miller), qui ont atteint 65,5 millions de dollars.

Dans l'ensemble, bien que les chiffres soient en baisse, plusieurs tendances positives se sont fait jour, notamment dans la catégorie des estampes et multiples, signalant une évolution de l'intérêt des collectionneurs qui renforce la vitalité et l'optimisme du marché de l'art dans son ensemble. La performance exceptionnelle d'Ed Ruscha souligne la capacité du marché à porter des artistes au-delà des noms blue chip traditionnels, élargissant ainsi la définition même de ce qui est considéré comme iconique. Les œuvres d'Hockney, présentées pour la première fois sur le marché, témoignent de l'empressement des acquéreurs à se disputer des pièces au potentiel inexploité, tandis que les ventes de Haring ont révélé un fort enthousiasme pour des médiums uniques et des formats innovants.

Les estampes et multiples les plus vendus en 2024

Bien que le mois de novembre ait touché à sa fin, le marché de l'art n'a pas encore clos ses portes pour l'année. Plusieurs ventes d'estampes européennes doivent encore ponctuer 2024, et nous publierons prochainement notre rapport annuel, qui offrira un éclairage actualisé sur la performance des artistes blue chip les plus emblématiques du marché de l'estampe. Pour l'heure, nous vous dévoilons ci-dessous le classement des dix estampes les plus vendues en 2024 ; restez à l'écoute pour de nouvelles analyses.

1.

« Endangered Species » (série complète)

La suite « Endangered Species (complete set) » de Warhol, composée de dix sérigraphies emblématiques représentant des espèces menacées d'extinction, est reconnue pour ses couleurs vibrantes, son esthétique Pop Art audacieuse et son puissant message écologique. Présentée lors des ventes de novembre 2024 chez Sotheby’s, cette série a atteint le résultat remarquable de 3,4 millions de livres sterling, surpassant le précédent record établi en 2021. Cette vente historique a non seulement défini une nouvelle référence pour la série, mais elle s'est également imposée comme l'estampe la plus chère vendue en 2024.

2.

« Marilyn Monroe » (série complète)

Warhol a constamment occupé une position de premier plan parmi les meilleures ventes annuelles d'estampes et d'éditions. En 2024, sa série complète des « Marilyn prints » a été présentée aux enchères lors des May New York sales – unique occasion où cet ensemble iconique a été mis sur le marché cette année-là. Le résultat obtenu s'élève à 2,8 millions de livres sterling (frais inclus).

« Fugaku sanjūrōkkei » (Trente-six vues du mont Fuji) par Hokusai - Christie's
Image © Christie's / Fugaku sanjurokkei (« Trente-six vues du mont Fuji ») © Hokusai
3.

Fugaku sanjūrokkei (« Trente-six vues du mont Fuji »)

Katsushika Hokusai, artiste japonais de l'époque d'Edo appartenant au courant ukiyo-e, a été une figure marquante des ventes aux enchères cette année, sa série des « Trente-six vues du mont Fuji » ayant atteint un statut iconique. Cette suite, et plus particulièrement « La Grande Vague au large de Kanagawa », a inspiré d'innombrables réinterprétations et adaptations à travers divers médiums, de « La Nuit étoilée » de Van Gogh et de « The Wave » de Hockney aux hommages modernes tels que les reconstitutions en LEGO. L'usage novateur de la perspective et les contrastes audacieux, alliés à la symbolique sacrée du mont Fuji, consolident sa place de chef-d'œuvre influençant les récits artistiques mondiaux. En mars 2024, cette œuvre célèbre a été adjugée 2,8 millions de livres sterling.

« Untitled (Cowboy) » de Richard Prince - MyArtBroker
Image © Christie's / « Untitled (Cowboy) » © Richard Prince 2007
4.

« Untitled (Cowboy) »

Les estampes « Untitled (Cowboy) » de Richard Prince sont célèbres pour leur exploration de l'identité et du mythe américains, réimaginant le cow-boy comme une icône culturelle à travers l'appropriation d'images. « Untitled (Cowboy) », une édition de deux exemplaires assortie d'une épreuve d'artiste, a été présentée chez Christie's en octobre 2024 et s'est vendue pour un montant dépassant les 2 millions de livres sterling. Cette vente inscrit l'œuvre parmi les estampes de la série « Cowboy » les plus chères de Prince et confirme sa position parmi les estampes les plus cotées de 2024.

« Green Pool with Diving Board and Shadow (Paper Pool 3) » de David Hockney - Christie's
Image © Christie's / Green Pool with Diving Board and Shadow (Paper Pool 3) © David Hockney 1978
5.

« Green Pool with Diving Board and Shadow (Paper Pool 3) »

L'œuvre de Hockney, « Green Pool with Diving Board and Shadow (Paper Pool 3) », occupe une place majeure dans son corpus, s'inscrivant dans sa série expérimentale des Paper Pools, réalisée à partir de pâte à papier teintée afin de capturer l'interaction entre la lumière, l'eau et la forme. Ces éditions uniques sont reconnues pour leur technique novatrice et leur esthétique singulière. Le seul exemplaire de « Paper Pool 3 » à avoir été présenté aux enchères en 2024 est apparu lors des Christie’s November sales, atteignant 1,7 million de livres sterling, un prix d'adjudication cohérent qui témoigne de la valeur pérenne et de la rareté de ces œuvres uniques.

Découvrez les autres estampes ayant réalisé les meilleures ventes en 2024.


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