Qu'entend-on par transparence sur le marché de l'art ?
La transparence est un élément essentiel à la santé et à la pérennité du marché de l'art. Voici comment nous définissons la transparence en ce qui concerne ce marché, structurée en six axes fondamentaux :
- Une documentation claire et exhaustive de la provenance, de l'historique de propriété et du rapport d'état d'une œuvre.
- Un accès à des informations tarifaires compréhensibles pour les œuvres vendues aux enchères sur le marché secondaire ou via des galeries sur le marché primaire, ainsi qu'une compréhension limpide des frais incombant aux acheteurs et aux vendeurs.
- Une visibilité accrue sur les tendances actuelles du marché, l'offre et la demande relatives aux œuvres uniques, et la manière dont ces facteurs déterminent la juste valeur marchande et la disponibilité.
- La divulgation de tout conflit d'intérêts, tel que des accords de revente sur certaines œuvres ou des préoccupations éthiques potentielles concernant la restitution ou les œuvres spoliées pouvant impacter une vente ou une transaction.
- Un traitement cohérent et équitable de tous les acheteurs et vendeurs, indépendamment de leur statut ou de leur influence, tout en respectant l'innovation artistique et le patrimoine culturel.
- Le recours à des experts, des plateformes et des services de conseil fiables et réputés pour garantir l'authenticité et la légalité des œuvres vendues ou acquises.
Pourquoi la transparence est-elle essentielle à la bonne santé du marché de l'art ?
Les collectionneurs ne sont pas uniquement motivés par le potentiel financier de leurs acquisitions d'œuvres d'art, mais également par le désir de préserver et de partager un patrimoine culturel. Pour que les collectionneurs puissent accorder leur confiance aux professionnels du marché de l'art, la transparence est essentielle. En outre, celle-ci permet d'éviter que le marché ne s'adonne à des pratiques contraires à l'éthique ou déstabilisantes, garantissant ainsi sa bonne santé à long terme.
Historiquement, posséder des œuvres d'art ne se résume pas au statut social ou au rendement financier ; cela implique également une mission de conservation et la garantie de la pérennité des œuvres pour les générations futures. Le mécénat a toujours été porté par cette ambition, les particuliers comme les institutions cherchant à soutenir les artistes et à préserver leurs créations pour la postérité.
Le maintien d'un marché de l'art sain fait partie intégrante de cette démarche. Par ailleurs, la plupart des collectionneurs privilégient toujours la portée culturelle des œuvres qu'ils acquièrent, se considérant comme les gardiens d'œuvres majeures qui seront admirées par les générations à venir. En investissant dans l'art avec une perspective à long terme et un engagement envers sa conservation, les collectionneurs contribuent à faire du monde de l'art un élément dynamique et significatif de notre héritage culturel.
Mondialisation, pandémie et nouvelle démographie : comment le marché de l'art se transforme
Historiquement, le marché de l'art a souvent été empreint de secret et d'ambiguïté, avec des transactions menées à huis clos et des informations concernant la disponibilité et la tarification jalousement gardées par des initiés. Si un certain degré de confidentialité est compréhensible et nécessaire pour protéger la vie privée et les intérêts des clients, une grande part de cette opacité résulte des traditions ancrées du marché de l'art, qui privilégient l'élitisme et le pouvoir d'achat.
Les maisons de ventes aux enchères ont été particulièrement opaques, fournissant des informations limitées sur les œuvres mises en vente, tandis que les enchères sont couramment effectuées pour le compte d'individus anonymes. Parallèlement, dans le monde des galeries privées, il règne le sentiment que les clients doivent courtiser les marchands pour avoir une chance d'acquérir une œuvre, ce qui perpétue l'exclusivité et la hiérarchie du monde de l'art. Ce manque de transparence a rendu le marché vulnérable aux abus liés à la fraude et aux faux, ainsi qu'aux conflits d'intérêts et aux délits d'initiés. À mesure que le marché de l'art évolue et devient plus global et accessible, la reconnaissance de l'importance d'une plus grande transparence et d'une meilleure responsabilité s'accroît, non seulement pour protéger les acheteurs et les vendeurs, mais aussi pour assurer la santé et la pérennité à long terme du monde de l'art dans son ensemble.
L'un des changements les plus notables sur le marché de l'art ces dernières années a été le virage vers les places de marché en ligne et les ventes aux enchères numériques. Bien que les galeries et maisons de ventes traditionnelles jouent toujours un rôle important, de plus en plus de collectionneurs se tournent vers les plateformes numériques pour acheter et vendre des œuvres.
Cette tendance a été accélérée tant par la mondialisation du marché de l'art que par la pandémie, qui a rendu difficile, voire impossible, pour de nombreux collectionneurs, de visiter des galeries physiques ou d'assister à des enchères en présentiel. En 2020, les ventes mondiales d'art en ligne ont atteint leur plus haut niveau historique avec 12,4 milliards de dollars, doublant leur valeur par rapport à 2019, et ont poursuivi leur croissance en 2021 pour atteindre 13,3 milliards de dollars (selon les statistiques du 2022 Art Basel and UBS Global Art Market Report). Alors que certaines foires d'art annuelles ont été contraintes de migrer en ligne, de nombreuses galeries (y compris un acteur majeur comme David Zwirner lors de la Frieze London) ont affiché les prix aux côtés de leurs œuvres, une tactique jusqu'alors inédite lors des événements en présentiel.
Pour en savoir plus, consultez notre article The Online Global Art Market Around The World, ici.
Un autre facteur alimentant le débat croissant autour de la transparence réside dans le fait que la nouvelle génération de collectionneurs, plus jeune, a contribué à l'élargissement de la catégorie de richesse. Les études suggèrent que les différences dans les habitudes de dépense entre les milléniaux et leurs prédécesseurs se concentrent sur une aspiration à la transparence et à l'immédiateté de l'information, telle qu'elle est disponible via diverses plateformes en ligne et places de marché numériques, dont MyArtBroker.
Bien que les études montrent que la plupart des collectionneurs apprécient toujours l'expérience en personne et l'examen physique des œuvres, il existe des preuves d'une acceptation et d'un usage accrus des ventes et expositions en ligne. Les places de marché numériques offrent plusieurs avantages, notamment une plus grande commodité et un accès à un éventail plus large d'artistes et d'œuvres. Toutefois, elles présentent également de nouveaux défis en matière de transparence. Les acheteurs doivent pouvoir s'assurer que les informations reçues sont crédibles, et que la provenance, l'état de conservation et l'authenticité ont été minutieusement vérifiés et validés par des spécialistes du marché. Les acheteurs et les collectionneurs doivent également avoir l'assurance que la plateforme qu'ils utilisent est sécurisée et fiable, tant sur le plan financier que pour la protection de leurs données personnelles.
Lisez A Concise History of the Art Market pour en savoir plus sur l'évolution du marché de l'art.
Scandale sur le marché de l'art ?
Le marché de l'art a connu son lot de scandales ces dernières années, soulignant le besoin d'une transparence et d'une responsabilité accrues au sein du secteur. Compte tenu du nombre d'affaires ayant fait surface, il n'est guère surprenant que les acteurs du marché ressentent le besoin de réaffirmer leur confiance dans ce milieu.
L'un des scandales les plus retentissants de mémoire récente est celui du « Salvator Mundi », ou « The Lost Leonardo » (titre d'un documentaire de Sony Pictures sorti en 2021), attribué au maître italien Léonard de Vinci. Cette série d'événements surréalistes fait office de mise en garde pour les collectionneurs et les investisseurs du marché de l'art, renforçant l'importance de l'intégrité et de la diligence raisonnable dans l'authentification des œuvres, de la transparence entourant la fixation des prix et de la responsabilité face aux envolées spéculatives.
La vente du « Salvator Mundi » a suscité la controverse lorsque cette peinture, datée des années 1500 et adjugée par Christie's en 2017 pour un montant record de 450 millions de dollars, est devenue l'œuvre d'art la plus chère jamais vendue. Source de tensions dès le départ, l'attribution de l'œuvre à de Vinci ainsi que son état de conservation ont été remis en question par de nombreux experts. Depuis cette vente, le tableau n'a pas été revu en public et sa localisation demeure inconnue, causant le désarroi de ceux qui souhaiteraient étudier son authenticité, ainsi que d'institutions telles que le Louvre, qui espéraient pouvoir l'exposer.
Les spéculations entourant la vente du « Salvator Mundi » ont mis en lumière la nécessité d'une plus grande transparence et d'une diligence raisonnable accrue sur le marché de l'art, en particulier pour les œuvres de grande valeur à la provenance et à l'attribution contestées. Cet événement a également soulevé des inquiétudes quant au rôle des maisons de ventes aux enchères et à leur responsabilité en matière de garantie de l'authenticité et de l'état des œuvres qu'elles proposent.
En réponse à ces scandales et aux préoccupations persistantes concernant le blanchiment d'argent, des efforts accrus (bien que nullement exhaustifs) ont été déployés pour mieux réguler un marché historiquement peu encadré, avec un accent mis sur la conformité réglementaire. La cinquième directive anti-blanchiment de l'UE (5AMLD), entrée en vigueur en 2020, a introduit de nouvelles réglementations, tandis que des organisations telles que l'Association of Art Museum Directors (AAMD) et le Conseil international des musées (ICOM) ont instauré des directives et des meilleures pratiques pour une conduite éthique dans le monde de l'art. Ces recommandations portent notamment sur la transparence lors de l'acquisition et de la cession d'œuvres, ainsi que sur la gestion des conflits d'intérêts.

En ce qui concerne les réactions au sein du monde de l'art, beaucoup furent stupéfaits en 2018 lorsqu'une peinture de l'artiste Banksy s'est auto-détruite après avoir été vendue aux enchères pour plus d'un million de livres sterling. Ce coup d'éclat, qui impliquait une déchiqueteuse dissimulée dans le cadre de l'œuvre, a été interprété par certains comme le commentaire de Banksy lui-même, depuis l'intérieur du marché, sur la marchandisation de l'art et les excès du marché des enchères. Banksy s'est imposé comme l'un des artistes les plus critiques de sa génération à l'égard de l'immodération du marché de l'art, comme en témoigne également son estampe « Morons ».
Quelle place accorder à la transparence au sein d'un marché de l'art à la pointe de la technologie ?
Les technologies numériques, telles que la blockchain, offrent des solutions potentielles pour accroître la transparence et la responsabilité sur le marché de l'art. Les systèmes basés sur la blockchain peuvent fournir un registre décentralisé et transparent de l'historique de propriété et des transactions, facilitant ainsi le suivi de la provenance et de la propriété des œuvres au fil du temps. Ce système contribue à garantir aux acquéreurs une confiance accrue dans l'authenticité et la légalité des œuvres qu'ils achètent.
Il convient toutefois de souligner que toutes les nouvelles technologies numériques ne sont pas nécessairement fiables ou dignes de confiance. Les NFT, par exemple, constituent un segment hautement spéculatif du marché de l'art et doivent être abordés avec prudence. L'acquisition de NFT via les diverses blockchains disponibles élimine les intermédiaires et toute communication directe entre consommateurs et producteurs. Des études démontrent que l'impact de ce nouveau mode d'acquisition reste relativement limité et que beaucoup préfèrent traiter avec des intermédiaires, tels que les marchands et les galeries, afin d'obtenir un éclairage spécialisé. De même, les nouvelles startups technologiques proposant des services de fractionnement d'œuvres ne font pas toujours preuve de la transparence ou de la rentabilité annoncées.
Pour en savoir plus sur les NFT dans le monde de l'art, lisez « The True Value of NFTs in the Art World ».
Transparence sur le segment des estampes et multiples du marché de l'art
Si la transparence et la responsabilité sont essentielles au maintien de l'intégrité du marché de l'art, cela est d'autant plus vrai pour les estampes et les multiples en édition. Les acheteurs doivent pouvoir se fier au fait que les œuvres qu'ils acquièrent sont authentiques, légalement détenues et décrites avec exactitude quant à leur état, leur provenance et d'autres détails fondamentaux. De même, les vendeurs doivent être en mesure de démontrer que les œuvres qu'ils proposent sont légitimes et de grande qualité.
Les éditions d'estampes et les multiples physiques, en particulier les estampes modernes et contemporaines, constituent désormais un segment établi du marché de l'art, et donc moins spéculatif, mais il s'agit également d'un domaine qui se prête à l'application d'une nouvelle transparence financière. Les estampes se vendent et se diffusent plus aisément dans un environnement exclusivement numérique, les acheteurs potentiels n'ayant souvent besoin de voir qu'un seul exemplaire d'une œuvre éditée pour savoir ce qu'ils acquièrent. Par ailleurs, chez MyArtBroker, nous traitons uniquement avec des artistes blue chip : nous achetons et vendons des œuvres de grande qualité, largement considérées comme un investissement fiable.

Qu'est-ce que le Trading Floor de MyArtBroker et comment révolutionne-t-il la transparence sur le marché des estampes ?
C’est dans un souci de transparence que MyArtBroker a récemment lancé son nouveau Trading Floor. Le Trading Floor est une plateforme absolument unique qui offre aux collectionneurs un accès en temps réel aux données sur l’activité de notre réseau au sein du marché des estampes. Nous avons toujours considéré la transparence comme étant fondamentale sur le marché de l’art, publiant régulièrement des rapports sur le marché de l’estampe (le dernier rapport sur le marché de l’estampe est disponible ici) ; notre nouvelle plateforme est conçue pour fournir des informations intégrées, instantanément accessibles et précises sur les dernières tendances de l’offre et de la demande.
Notre plateforme est intuitive et vous permet de naviguer par artiste, par œuvre, par valeur estimée et par taux de croissance annuel moyen. Vous pouvez consulter en temps réel les séries d’estampes en vente, possédées ou recherchées au sein de notre réseau. Notre algorithme suit les données de valeur actualisées pour 3 500 œuvres couvrant 30 ans d’histoire, incluant des estampes et éditions signées, non signées, des épreuves d’artiste (EA), des épreuves d’imprimeur (EP), des épreuves d’essai (ET), ainsi que des ensembles.
En plus de donner accès à des données en temps réel, notre plateforme vous invite également à rejoindre notre communauté privée d’acheteurs et de vendeurs d’estampes d’artistes blue chip. Si notre réseau ne dispose pas actuellement de ce que vous recherchez, vous pouvez enregistrer votre intérêt et nous nous efforcerons de le trouver pour vous.
Pour favoriser la croissance et la stabilité du marché de l’art, la transparence est essentielle. Elle permet de promouvoir des transactions éthiques et équitables, de renforcer la confiance, et de lutter contre des problématiques telles que la fraude et le blanchiment d’argent. Les avancées technologiques et réglementaires encouragent une transition vers une plus grande transparence et une meilleure responsabilité sur le marché de l’art. Bien qu’il reste encore du travail à accomplir, ces changements représentent une étape importante vers la création d’un marché de l’art plus durable et transparent.
MyArtBroker est fier de nourrir cette nouvelle transparence : aider les collectionneurs à acquérir les œuvres qu’ils affectionnent avec une perspective éclairée sur leur performance historique leur permet d’investir avec une vision à long terme, celle de la préservation de notre patrimoine culturel. L’utilisation de plateformes et de technologies de confiance qui privilégient la transparence et la sécurité, à l’instar de notre Trading Floor, contribue à maintenir un marché de l’art dynamique et précieux pour les années à venir.
En savoir plus sur le Trading Floor de MyArtBroker.











