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Nineteen
Greys

Réalisée en 1968, Nineteen Greys est une série de quatre sérigraphies de l'artiste britannique Bridget Riley. Chaque estampe représente 19 nuances de gris différentes, disposées de manière précise et ordonnée. Par sa gestion nuancée des tons, l'artiste de l'Op Art donne une impression de profondeur et de mouvement dans ces estampes, ce qui est typique de l'ensemble de l'œuvre de Bridget Riley.

Nineteen Greys Value (5 Years)

With £65128 in the past 12 months, Bridget Riley's Nineteen Greys series is one of the most actively traded in the market. Prices have varied significantly – from £690 to £26000 – driven by fluctuations in factors like condition, provenance, and market timing. Over the past 12 months, the average selling price was £10854, with an average annual growth rate of 11.58% across the series.

Nineteen Greys Valeur de marché

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Signification et analyse

Cet ensemble de quatre estampes, chacune comportant 19 nuances de gris différentes, illustre parfaitement le domaine de prédilection de Riley : pousser notre propre perception visuelle dans ses retranchements. Dans cette suite, l'agencement précis et ordonné des formes ovales interagit avec des variations minutieuses de luminosité, de couleur et de géométrie, mettant en exergue la thématique que l'artiste développe autour des mécanismes du procédé de sérigraphie. Le jeu effréné entre ordre et désordre au sein de chaque pièce incite le spectateur à réfléchir sur la nature fondamentalement trompeuse de la vision.

La série incarne la conviction de Riley que la sérigraphie est le procédé idéal pour ses images visuellement complexes. Le mode de production de ces œuvres permet à Riley, en tant que peintre, d'assurer une uniformité et une cohérence des couleurs dans son geste. La peinture, en tant que médium, ne parvient souvent pas à rendre les inflexions précises de lumière et d'ombre qu'exige l'art de Riley. Dans chacune des pièces de cette série, l'interaction entre les nuances de gris chaud et les ovales de gris froid crée un décalage par rapport à la grille des ovales, engendrant une sensation viscérale de perturbation optique. Le rejet par l'artiste de l'imprécision tonale potentielle de la peinture permet ainsi de produire des illusions à la fois convaincantes et implacables.

L'invitation à expérimenter la tension entre la structure des œuvres et les sensations qu'elles provoquent manifeste la vision utopique de Riley pour l'art, perçu comme une expérience fondamentalement sociale, où le spectateur achève l'acte de création de l'artiste. L'expérience sensorielle singulière de chaque spectateur (souvent décrite comme un vertige s'apparentant au mal de mer ou au parachutisme) vient défier la qualité reproductive réglée du médium de l'estampe. Tout comme dans Current (1964), on observe une confusion entre l'arrière-plan et le premier plan. Sommes-nous en présence d'ovales imprimés sur un fond plus sombre, ou d'une couche poreuse superposée à un fond plus clair ? Cette incertitude accentue le malaise et nourrit le dialogue entre l'artiste et le spectateur, l'œuvre servant d'interlocuteur.

Peut-être un distillat de ce que Riley admirait chez les pointillistes, et Georges Seurat en particulier, la série Nineteen Greys produit chez le spectateur une sensation qui renvoie à des sentiments primaires résistants à l'intellectualisation, semblables à ceux qui animent l'acte de création en premier lieu. Selon les propres termes de Riley : « ces sensations fugaces qui échappent à l'intellect sont tout aussi importantes que celles qui deviennent conscientes. »

Produite à la fin des années 1960, alors que Riley était sur le point d'entamer une exploration approfondie et audacieuse de la couleur, la puissance monochrome de cette série place au centre de la scène la tension entre le mode de production et la sensation visuelle, faisant de cette suite un moment essentiel dans la carrière de cette figure majeure de l'art optique (Op Art).»